alternatives punition
Parentalité consciente

3 alternatives efficaces à la punition

Cet article participe à l’évènement inter-blogueurs “Eduquer sans punir, est-ce possible” organisé par Ludivine du blog Graines de bienveillance. Mon article préféré sur son blog est Les mythes de l’éducation bienveillante. Tu auras librement accès à la compilation des articles sous forme d’un ebook gratuit.

En parentalité « traditionnelle », la punition est un recours incontournable. Comment les enfants pourraient-ils apprendre à se comporter correctement si on ne les punit pas?

Et si on changeait d’angle et qu’on retournait la question? « Comment peuvent-ils apprendre ce qu’on attend d’eux si on les punit? » La punition n’a aucune vertu pédagogique. Elle ne montre pas l’exemple, elle n’explique pas, elle ne propose pas d’options acceptables. Elle amène un climat de tension et de stress qui n’est en aucun cas propice à l’apprentissage. Elle fait naître des sentiments d’humiliation, elle attaque l’estime de soi (« je suis méchant, je le mérite ») ou encore amène à de la colère, de la rancune envers le parent ( » nan mais quel c##, il ne comprend vraiment rien, je lui ferai payer ! »).

Pourtant, on a tous à un moment ou un autre la tentation d’y avoir recours. Nous sommes humains, parfois fatigués, à bout et nous manquons aussi de ressources. Dans cet article, je vous propose donc trois pistes alternatives, liées à trois types de situation : l’enfant
agité et excité et n’écoute rien, celui qui n’a pas respecté la règle et enfin celui qui ne coopère pas.

Responsabiliser l’enfant agité

Vous êtes en course et votre enfant court partout. Il touche à tout, veut acheter tout ce qui lui passe sous la main, vous sollicite sans arrêt. Bref, vous avez du mal à rester concentré sur votre liste.

Ou encore, vous recevez des amis et il se met à faire des galipettes sur le canapé (où vous êtes assis, of course), il veut jouer avec vous et si vous refusez il se met à lancer des coups de pieds et de bras partout – même sur la table de l’apéro, non vraiment là, faut faire quelque chose !

La priorité à ce moment-là (et la première difficulté), c’est de garder en tête que les jeunes enfants ne sont pas en totale possession de leurs moyens. Quand ils sont incontrôlables, ça ne sert à rien de leur demander de se calmer. Ils n’en sont pas capables. Dans les deux situations précédentes, le déclencheur de cette humeur agitée est probablement la sur-stimulation (lumière, bruits, montagnes de denrées dans le premier cas… nouveauté dans le deuxième cas + besoin d’attention).

Et puis, demander à un enfant de se calmer, ou d’arrêter de faire ce qu’il fait… ne lui donne pas d’indication précise sur ce qu’il PEUT faire. Alors, je vous conseille de rediriger son attention. Et comme dans les deux cas, vous n’êtes pas super dispo pour jouer ou vous mettre 100% à son service… et bien, faites le participer !

Donnez lui des missions: peux-tu aller me chercher deux citrons? Veux-tu bien débarasser le verre de tonton? C’est toi qui pousse le Caddie? tu peux faire passer le bol de chips?

Bref, vous avez compris l’idée. Ces missions lui demandent de se focaliser sur une tâche. En faisant appel à sa concentration, vous devriez rapidement observer des effets sur son calme. Et en le responsabilisant plutôt que le punissant , vous sortez tous les deux gagnants d’une situation qui aurait pu dégénérer. 

Faire expérimenter une conséquence logique à l’enfant qui n’a pas respecté la règle

J’ai à la maison une trousse avec des stylos feutres qui sont en général à mon usage exclusif. Bien sur, ils présentent un très grand intérêt pour mes enfants. Et dans ma grande bonté, il m’arrive de leur prêter à la condition que je les récupère tous et avec les bouchons ( ce qui semble-t-il n’est pas évident-évident ).

Mettons que mes enfants ne me les rendent pas dans l’état demandé. Si je faisais le choix de les punir, je pourrais les envoyer au coin ou les priver de quelque chose qu’ ils aiment. Mais encore une fois, je ne vois pas bien ce qu’ils en tireraient de constructif.

Une option que je juge plus pédagogique, c’est de faire expérimenter aux enfants une conséquence logique de leur acte. Ici, par exemple, ce pourrait être une réparation: reboucher les feutres et chercher ceux qui manquent.

La réparation, est un exemple assez intuitif de conséquence logique et c’est aussi, à mon sens, un des plus pédagogiques. Quelques autres exemples: L’enfant renverse son verre, on lui tend l’éponge. Il blesse quelqu’un, on lui propose d’en prendre soin. Il abime un objet, on lui offre la possibilité de réparer ou de participer aux étapes de sa réparation. Il apparaît évident que la réparation est plus pédagogique que la punition.

Elle permet à l’enfant de sortir grandi de la situation au lieu d’en sortir humilié ou en colère. Il a appris que ses actes ont des conséquences (l’objet / la relation est abimé). Mais aussi que casser quelque chose/blesser quelqu’un n’est pas irréversible et qu’il peut agir. D’une situation ou il aurait pu sortir avec l’étiquette de maladroit, méchant, tête en l’air… Il sort finalement avec un sentiment de confiance et de pouvoir: je suis capable de réparer mes erreurs.

Il existe d’autres types de conséquences logiques, parfois plus subtiles. Mettons que votre ado rentre de sa soirée après le couvre-feu convenu. Quelques exemples de conséquences logiques:

  • il a affaire à des parents énervés, inquiets et irritables
  • les parents seront réticents à lui accorder sa prochaine sortie
  • les parents iront le chercher chez le copain plutôt que de lui laisser l’autonomie de rentrer seul la prochaine fois

Ces quelques exemples découlent directement de la situation initiale. Contrairement à une punition qui en est déconnectée (privé de portable, privé de sortie, privé d’argent de poche…)

Vous allez me dire, la limite est ténue entre « les parents seront réticents à lui accorder sa prochaine sortie » et « privé de sortie ». Et en effet, le résultat pourrait bien être le même (pas de sortie le lendemain). Mais l’intention est très différente. Dans le cas de la conséquence, le parent agit de manière authentique, pour se préserver (de la peur, de l’inquietude…) en attendant de trouver une solution aux retards qui permettrait de concilier les besoins de tout le monde. Dans le deuxième cas (privation), le but est de faire mal à l’enfant à la hauteur de ce que les parents ont été inquiets.

Quelques autres exemples de conséquences logiques:

  • éloigner un enfant qui frappe / s’éloigner de lui
  • pour un enfant qui n’aurait pas respecté le temps imparti d’écran, réduire le temps d’écran du lendemain.
  • pour un enfant qui continue à dessiner sur la table malgré nos demandes, lui retirer les feutres

S’amuser avec l’enfant qui ne veut pas coopérer

Vous connaissez tous ces moments où vous devez partir de chez vous (et même que vous avez bien prévenu à l’avance et tout) et que votre enfant se lance subitement dans un projet d’envergure (construire une cabane, colorier TOUTE sa feuille A4 au feutre fin, faire quatre fois le tour du salon à cloche-pieds…).

Où vous pouvez vite monter dans les tours, parce que LA, MAINTENANT, TOUT DE SUITE, il faut mettre ses chaussures et y aller. La tentation est parfois grande à ce moment là de faire du chantage ( » si tu te dépêches, je t’achèterai un jouet en course ») ou de menacer de punition (  » si t’as pas mis tes chaussures dans une minute, on n’ira pas à l’aire de jeux après les courses »).

Sous l’effet du stress (ici, imposé par la pendule), on n’est pas forcément super créatif dans ces moments là. Pourtant, il suffit parfois de souffler un coup et de changer d’angle pour que ça se passe bien ! C’est vraiment rare que l’enfant résiste à l’appel du jeu et de l’humour, l’avez vous remarqué? Alors, faites parler les chaussures « youhou, tu veux bien nous mettre, on est prêtes à partir nous ». Lancez-vous dans une chasse à l’enfant « Attention, moi les enfants qui ne coopèrent pas, je les attrape et je leur fait des guilis », proposer une course contre la montre – coopérative tant qu’à faire – « penses tu qu’on puisse être tous prêt avant que la grande aiguille soit sur le 2? ».

Ces solutions sont généralement efficaces, et pourtant, je sens moi-même que parfois j’y suis refractaire. Parce qu’il y a des moments où j’ai juste envie que tout se passe fluidement, sans que j’y mette une énergie monstre. Et du coup, quand mon enfant traine des pieds, une partie de moi pense qu’il fait exprès. Et a envie de le faire payer. Un raisonnement du type « nan, mais c’est lui qui coopère pas et c’est moi qui doit faire tous les efforts pour avancer, c’est le monde à l’envers ». Dans ces moments là, j’oublie parfois que mon enfant est incapable de « faire exprès ». Qu’il ne fait pas ça pour m’embêter ou prendre le dessus sur moi. Mais qu’il est juste un enfant, qui vit dans l’instant présent, qui vit ses propres motivations, loin des contraintes du monde adulte.

Pourtant, une bonne partie de jeu ou de rigolade, ça dure pas plus longtemps que de s’énerver et ça fait du bien à tout le monde. Alors, on peut user et abuser de cette méthode qui met du lien là où on serait tenter de l’abimer.

Et vous, quelles sont vos alternatives bienveillantes à la punition?

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3 Comments

  • Ludivine

    Merci Sophie d’avoir participé à mon carnaval d’articles sur le thème « Eduquer sans punir, est-ce possible? » ! Tu fais bien de rappeler que la punition n’a aucune vertu pédagogique ! C’est tellement important que nous imprimions cela dans nos petites têtes 🙂 Merci pour les 3 pistes que tu proposes et que je trouve tout à fait pertinente ! La coopération, la réparation, l’implication, le jeu, l’humour, … il y a des tas de moyens pour éviter la punition. Comme tu le dis, on en a pas toujours forcément envie, parce qu’on aimerait que tout se passe pour le mieux, mais en effet, il faut toujours garder à l’esprit que notre enfant vit dans l’instant présent et ne comprend pas nos impératifs d’adulte. Je te contacte dès que l’ebook de compilation est prêt, afin que tu puisses le partager à ta communauté de lecteurs. Bonne continuation et encore merci pour ta participation ! Ludivine, du blog Graines de bienveillance.

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