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Parentalité consciente

3 raisons de NE PAS mettre son enfant au coin

Lorsque nous avons rencontré celle qui allait devenir la nounou de Mon Grand pendant deux ans, je me souviens avoir posé une question qui portait sur les punitions qu’elle utilisait. A l’époque, je voulais surtout absolument m’assurer qu’elle ne mettait pas de fessée. Quand elle m’a parlé du coin, je n’ai pas du tout tiqué – mon fils avait deux mois, cela me paraissait bien loin et puis je pensais alors que le coin était une punition « douce ».

Quand Mon Grand a eu 18 mois environ, la-dite nounou m’a annoncé avoir commencé à utiliser le coin pour mon fils. A ce moment là, j’avais déjà cheminé en parentalité bienveillante et mon coeur se serrait à l’idée de mon enfant ainsi isolé – et encore, je ne vous raconte même pas les motifs invoqués par la nounou !

Si vous avez suivi, chez nous, nous ne mettons pas nos enfants au coin. Car contrairement à ce que beaucoup de parents semblent penser, cette méthode, en plus d’être inefficace, est loin d’être douce.

Mettre au coin un jeune enfant, c’est inutile

Demander à un jeune enfant d’aller « réfléchir » et se « calmer », n’a aucun sens pour lui. Son cerveau immature n’est juste pas capable de réaliser cette consigne.

C’est notamment ce qu’explique Isabelle Filliozat dans son ouvrage J’ai tout essayé. Selon elle, isoler son enfant avant l’âge de douze ans n’a aucune utilité puisque l’enfant n’a alors pas la capacité de se « décentrer » et de réfléchir à la situation.

Cette mesure vous permettra peut-être d’obtenir quelques minutes de calme et de VOUS recentrer, mais elle ne sera aucunement pédagogique pour votre enfant.

Isabelle Filliozat suggère alors que l’adulte devrait lui-même prendre la responsabilité de son besoin de s’isoler (en allant respirer dans une autre pièce par exemple).

Mettre au coin, c’est délétère

Avez-vous des souvenirs de vous enfant, au coin? Si oui, fermez les yeux un instant et essayez de faire remonter les sensations, émotions ou pensées qui vous traversaient alors.

Personnellement, je ne sais plus si j’allais au coin, mais je me souviens qu’on m’envoyait dans ma chambre.

Je me souviens avoir ruminé, planifié des vengeances, tenté de m’évader discrètement. Je me souviens avoir jeté des objets, avoir pleuré ou crié de rage et plus tard avoir écrit ma rancoeur dans mon journal. Je  me souviens m’être senti incomprise, humiliée, seule.

Je ne me souviens pas avoir « réfléchi à mon comportement » ni m’être « calmé ». Certes, au bout d’un moment, je récupérais d’une manière ou d’une autre l’apparence du calme. Mais pas en résultat d’une « réflexion », seulement dans le seul but de pouvoir sortir de ma chambre.

Et il semblerait que mon ressenti et mes réactions face à ses punitions d’isolement ne soient pas du tout originaux, si l’on en croit par exemple les observations que font Faber et Mazlish au cours de leurs réunions de parents (voir bibliographie). Selon elles, rancoeur envers les parents ou dévalorisation de soi (je suis mauvais, je mérite la punition) sont des réactions courantes aux punitions en tout genre.

Mettons  maintenant que l’épisode de l’isolement se solde uniquement par un « c’est bon, tu t’es calmé? » et non pas par un vrai échange, alors l’enfant restera avec toutes les émotions négatives vis-à-vis de lui ou de son parent.

Mettre au coin, ça peut même être cruel

Demander à un jeune enfant en pleine crise d’aller au coin, non seulement ça ne sert à rien, mais en plus cela peut être assez cruel

Lorsque son petit cerveau immature lui fait vivre une crise émotionnelle, le jeune enfant est complètement perdu et paniqué face à ce flot qui le submerge. A ce moment-là, il a besoin de la présence et de l’amour de son parent pour l’accompagner dans la crise. Il a besoin de nos mots et de nos bras pour se laisser traverser en confiance par l’émotion, puis pour comprendre ce qui lui arrive.

Isoler son enfant à ce moment-là, c’est finalement ni plus ni moins que l’abandonner en pleine tempête.

Dans son ouvrage Aimer nos enfants inconditionnellement, Alfie Kohn apporte un éclairage encore plus édifiant sur cette méthode.

Il considère que la mise au coin (ou time-out) est un des outils du « parentage conditionnel », qui vise à obtenir les comportements souhaités soit par le baton (punition…) soit par la carotte (renforcement positif). Dans le cas de la mise au coin, le baton n’est selon lui, ni plus ni moins que la « déprivation d’amour ». Autrement dit, il suggère que lorsqu’on isole un enfant (ou qu’on refuse de lui parler par exemple) cela revient en fait à lui retirer notre amour, dans le but de générer une souffrance telle qu’il ne réiterera pas son comportement.

Ca a l’air moins doux dit comme ça, non?

Mais alors, on fait quoi à la place du coin?

Je vais être honnête avec vous, il y a des moments dans ma vie de maman où j’ai juste envie que mon fils soit à des kilomètres de moi.

Il y a même des moments, où malgré tout ce que je viens de vous raconter, je dis ou fais des choses à l’opposé de mes principes.

Le point positif (#rachètetaculpabilité), c’est que je n’en fais pas un modèle d’éducation et  que c’est systématiquement l’objet de discussion et d’excuses ensuite auprès de mon fils.

Et surtout, à la lumière de mes lectures, de mes rencontres, de mes reflexions il y a  surtout une majorité des moments où j’utilise des alternatives beaucoup plus constructives et en accord avec ma vision de la parentalité. Et ça je vous en reparlerai 😉

 

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Lire, ça inspire:

Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent ; Adele Faber et Elaine Mazlish

J’ai tout essayé, Isabelle Filliozat

Aimer nos enfants inconditionnellement, Alfie Kohn

 

 

 

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