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Parentalité consciente

Accueillir les émotions pénibles de nos enfants: un enjeu et une gageure !

En tant que parent, nous sommes parfois démunis face aux débordements émotionnels de nos enfants. Et nous avons parfois tendance à vouloir mettre le couvercle dessus, en particulier sur les émotions perçues comme négatives. Aussi parce que nous pensons que notre rôle est de « gérer » leur colère, d' »atténuer » leur tristesse ou encore de les « détourner » de leur frustration.



Pourtant, une manière bien plus puissante et efficace de traiter les émotions de nos enfants… c’est simplement de les accueillir !

Accueillir, ça sonne beaucoup plus passif que « gérer », n’est-ce-pas? On a l’impression qu’il s’agit de ne rien faire, et cela nous chiffonne. Notre rôle de parent n’est il pas justement de faire quelque chose? De les aider, de les conseiller ou encore, parfois, d’adoucir leur vie? Bref, d’agir quoi !

Alors, si notre plus grand rôle était de laisser faire? De laisser être ce qui est? D’accueillir et d’accompagner? 

Mais dans les faits, ne rien faire et accueillir… et bien c’est pas si facile. Tout un tas de freins, de croyances ou de mauvais jugements nous empêchent parfois d’être dans l’accueil.

Alors, on fait un petit tour d’horizons de l’interêt et des difficultés à accueillir les émotions?

Les émotions non exprimées explosent ou s’enkystent

Une émotion vécue sainement, c’est une émotion qui peut s’exprimer librement, sans entrave. Sans que l’on ressente de gêne. Sans qu’on tente de mette le couvercle dessus.

Avez-vous remarqué comme on se sent bien après avoir pleuré? Comme la colère disparait quand on a gueulé un bon coup? C’est simplement parce que l’émotion s’est exprimée, elle nous a traversé, elle est partie. Next.

Les enfants ont naturellement cette capacité à laisser s’exprimer leurs émotions. Ne dit-on pas qu’ils sont capables de passer du rire aux larmes en quelques instants? C’est simplement parce que leurs émotions ne sont pas filtrées ou remises à plus tard. Elles traversent et laissent instantanément la place à la suivante.

Ce fonctionnement est le fonctionnement normal de l’être humain au regard des émotions. Différer nos larmes parce que ce n’est pas le bon moment, ne pas rire trop fort par gêne, encaisser la colère jusqu’à ce qu’elle explose… sont des manières maladives de gérer nos émotions.

Des manières enseignées par l’éducation, encouragées par le socialement acceptable et intégrées chez beaucoup d’entre nous.

Les émotions qu’on ne laisse pas s’exprimer naturellement et intantanément restent coincées en nous. Elles tournent et tournent, cherchant une issue. A terme, elles peuvent soit exploser, soit s’enkyster et s’exprimer sous forme de maladies (somatisation).

Alors, est-ce cela que nous voulons pour nos enfants?

Toute émotion mérite d’être vécue

Les émotions font partie de la vie. Les agréables ET les désagréables. Il n’y a pas un classement de valeur des émotions. Toutes se valent. Toutes ont leur place. Et toutes méritent d’être vécues.

Dans notre société, pourtant, on en tolère certaines et d’autres doivent être mises sous couverts. Ou a minima, on doit différer leur expression pour des moments / lieux plus acceptables.

On a appris enfant qu’on « n’est pas beau » quand on est en colère, que « pleurer, c’est pour les bébé » ou encore que les crises de frustration n’était pas tolérables. Nos rires de joie ou nos marques de tendresse ont en revanche sûrement été accueillies avec plus de bienveillance.

Et si nous acceptions que la colère, la tristesse, la honte, la frustration, …. font partie intégrante de la vie? et donc de la vie de nos enfants? Que notre rôle de parents n’est pas de les supprimer (de toute manière c’est illusoire), mais d’apprendre à nos enfants à les laisser traverser?

Les parents ne sont pas responsables du bonheur de leurs enfants.

Une des raisons qui poussent les parents à vouloir gérer, minimiser ou supprimer les émotions percues comme négatives, c’est qu’elles sont parfois vécues comme un échec parental.

Si mon enfant est triste, c’est que je suis un mauvais parent, je le rend triste.

Si mon enfant exprime de la colère, c’est qu’il est mal élevé ou que j’ai fait quelque chose de travers.

S’il se roule par terre de frustration, c’est qu’il est pourri gaté, il faut serrer la vis.

Comme si, un enfant sain et heureux devait être tout le temps joyeux, ou a minima d’humeur égal. Pouvons nous concevoir que notre rôle de parent n’est pas de rendre nos enfants heureux mais de leur apprendre à traverser la vraie vie? Avec ses hauts ET ses bas?

Pouvons-nous garder à l’esprit qu’une vie faite que de bonheur n’existent pas? Chacun vivra son lot d’épreuves. La colère, la tristesse, la frustration seront sur le chemin de chaque être humain. Ce qui change d’un être humain à l’autre c’est la manière dont il accueille ses émotions. S’il se laisse submerger, s’il les laisse traverser. Et c’est là notre rôle de parent. Amener nos enfants à la confiance qu’ils peuvent se relever de tout.

Nos enfants sont capables de survivre à leurs émotions fortes

Une deuxième raison que j’identifie, c’est la peur que nos enfants ne soient pas capables de survivre à leurs émotions.

Les enterrements, ce n’est pas pour les petits. Sous-entendu, la tristesse serait trop difficile à vivre pour eux.

Mon enfant vit un chagrin, vite, vite, il faut que je trouve un moyen de faire sécher ses larmes. De le faire passer à autre chose.

Il hurle parce que je lui ai refusé un deuxième dessert, bon, je vais lui donner , c’est pas si grave après tout qu’il mange deux desserts.

D’où nous vient cette croyance que nos enfants sont de petites choses fragiles? Ou encore que les émotions désagréables sont si dévastatrices? Peut-être justement du fait que NOUS avons l’habitude de les mettre sous couverts. Et donc de ne pas les laisser sortir… avant qu’elles explosent ! Ce qui expliquerait la peur que nous avons face à la colère, la tristesse, la frustration. Parce que NOUS sommes habitués à leurs expressions extrêmes, faute de les écouter dès le début de leur apparition.

Voyez à quelle vitesse passe le chagrin d’un enfant. C’est parce qu’il l’exprime dans sa plus pure nature, avant qu’il ait pris une ampleur insurmontable. Faire face à ses émotions dès qu’elles se présentent est souvent bien plus facile qu’après les avoir ignoré longtemps !

Alors, ne faisons pas diversions. Ne différons pas. Et transmettons plutôt à nos enfants la confiance qu’ils sont capables de tout traverser plutôt que la croyance qu’ils ont besoin de leurs parents pour survivre à leurs émotions intenses.

Accueillir nos propres émotions pour être à l’écoute de celles de nos enfants

Enfin et pour terminer ce tour non exhaustif de nos freins à l’accueil des émotions… je ne pouvais pas oublier de préciser qu’il est difficile d’être à l’écoute d’un autre quand on se sent soi-même pris dans un tourbillon émotionnel.

Si vous ressentez de la gène quand votre enfant se roule par terre de colère, vous aurez du mal à être à l’écoute. Vous aurez tendance à vouloir faire vite cesser la scène.

Si vous plongez complètement dans la tristesse de votre enfant, alors vous n’avez plus le recul pour accueillir la sienne.

Si vous êtes excédée de la enième crise de frustration de la journée, comment garder le calme et l’ouverture nécessaires ?

Oh, ne vous méprenez pas, je ne suis pas en train de dire que c’est mal de ressentir tout ça. Que vous êtes de mauvais parents de ne pas être capables d’être toujours dispo pour accueillir les crises. Au contraire. C’est normal.

Je suis justement en train de dire que pour être à l’écoute de votre enfant… vous devriez d’abord prendre soin de vous. Un peu l’image de l’avion et du masque à oxygène vous voyez? D’abord le parent, puis l’enfant.

Alors oui, pris dans la tempête, c’est délicat de dire « Euh, attends fiston, je vais marcher 30 minutes, faire le point avec moi-même et je reviens ». Mais rien ne vous empêche de faire un petit check rapide interne. Oula, je sens que je boue la. Oh non, je suis en train de me laisser submerger, souviens toi, c’est sa tristesse, elle est capable de la gérer.

Rien que d’observer rapidement ce qui se passe, c’est faire un pas de côté. Le pas de côté qui peut permettre de se rendre à nouveau disponible et accueillant.

Et puis, tant que vous y êtes, faites un calin rapide et intérieur à la part de vous-même qui vit une émotion pénible (oui, oui, c’est possible). Eventuellement en lui disant que vous l’avez vue et que vous prendrez mieux soin d’elle plus tard.

Alors, voilà, j’ai fait le tour des quelques réflexions que m’ont inspirées ce sujet de l’accueil des émotions. Il y a sûrement encore beaucoup à en dire – et je le ferai sûrement. Mais avec éclairage, voici quelques freins courants que l’on peut déjà identifier et lever si l’on s’en sent l’élan !

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