Parentalité consciente

Avez-vous recours aux Violences Educatives Ordinaires (VEO)?

L’autre jour au parc, des adultes ont interdit à leur neveu de jouer à l’aire de jeux en punition pour avoir mordu un camarade d’école. A un moment, il a essayé de grimper quand même au toboggan, son oncle l’a empoigné par le bras. Comme l’enfant pleurait, il lui a mis une fessée.

L’autre jour, j’ai crié sur mon fils parce qu’il ne voulait pas faire ce que je lui avais demandé.

L’autre jour, une maman a mis sa fille au coin parce qu’elle avait jeté son livre par terre.

L’autre jour, un papa a dit à son fils de ne pas monter à l’échelle « parce qu'[il] allait encore se faire mal, comme d’habitude, [il] est tellement maladroit ».

L’autre jour, mon fils m’a dit que je lui faisais du chantage parce que je lui ai dit qu’il ne mangerait pas tant qu’il n’aurait pas ramassé ses jouets (et il avait raison).

Tous ces exemples, et bien d’autre, reflètent ce qu’on appelle les Violences Educatives Ordinaires (VEO).

Des formes de violences discrètes voire insidueuses…

Quand on parle de violence en terme d’éducation, on visualise tout de suite un enfant battu ou bien puni à coup de tours dans le sèche-linge.
En général, personne ne conteste que ce genre de pratiques relève de la maltraitance.

Pourtant, il existe des formes plus discrètes de violence et tellement ancrées culturellement qu’un certain nombre de parents ne les considèrent même pas comme des violences mais comme des actes éducatifs.

Il faut dire que la plupart des parents d’aujourd’hui ont eux-même subi certaines de ces violences et les reproduisent par imitation, sans y réflechir ou parce qu’ils n’ont pas idée que d’autres méthodes existent.

Parmi ces formes de violences, on peut citer: les coups (fessées, gifles, tapes…), les moqueries, les punitions, les chantages, les isolements (le coin…), les jugements, les dévalorisations, les promesses non tenues, les manipulations plus ou moins conscientes… La liste pourrait être encore longue.

… tellement ancrées, qu’elles rendent difficile (et douloureuse) la remise en question

Oh je sais qu’à ce stade de la lecture, certains s’insurgeront qu’il est inconcevable de nommer ces pratiques courantes sous le terme de violence. Certains argumenteront peut-être qu’une fessée « n’a jamais tué personne ». Ou qu’ils sont bien contents que leurs parents les aient punis, que ça leur a appris à bien se comporter. Ou encore qu’on est bien obligé d’avoir recours à ces méthodes, sinon on est des parents laxistes.

Oui, mais non en fait.

Ok, mais on fait comment sinon?

Alors en vrai, j’aurais bien du mal à répondre à cette question en deux lignes, ni même en un article. C’est une vaste question que j’aborderai régulièrement ici.

Mais quand même…

…Si votre objectif en tant que parent est un peu plus élevé que « de ne pas tuer » votre enfant, si vous chercher le bonheur et l’épanouissement de votre progéniture maintenant et plus tard dans leur vie d’adulte, si vous avez envie de découvrir une parentalité basée sur la coopération, la créativité et la réciprocité alors je vous invite à bannir ce type de comportements.

Sachez de plus, qu’il est prouvé qu’ils sont inefficaces et délétères pour votre enfant (je vous met une petite bibliographie en bas de l’article, si vous ne me croyez pas). Sans compter qu’ils ne sont franchement pas satisfaisants pour les parents non plus et qu’ils ne nourrissent pas franchement une relation épanouie parent-enfant.

Je ne dis pas que c’est facile (sinon, je ne me serai pas mis deux fois en exemple dans l’introduction!!).

Cela demande de sortir de nos conditionnements. D’accepter qu’une autre manière de faire est possible et que ça peut même être mieux. De lâcher prise sur nos croyances sur ce qu’est le rôle d’un parent et celui d’un enfant.

Pour vous guider, voici une question que vous pouvez vous poser pour savoir si vous pratiquez les Violences Educatives Ordinaires: Est-ce que je ferai ça à un adulte? Dès lors que la réponse est non, donc qu’à un moment vous considérez votre enfant comme n’étant pas égal à un adulte, il y a de fortes chances que vous soyez dans le cadre des VEO. Je précise que par égal, je n’entend pas identique, un enfant n’est pas un adulte. Mais il a les mêmes droits et devrait recevoir les mêmes égards.

Qu’en pensez-vous?

Lire, ça inspire:

Site de l’Observatoire de la Violence Educative Ordinaire

Pour une enfance heureuse, Catherine Guegen (ou si vous n’aimez pas lire, vous pouvez regarder la conférence de Catherine Gueguen sur Youtube)

Il me cherche, Isabelle Filliozat.

 

Partagez avec amour !
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

2 Comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *