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Maternage

Enfant, qui es tu vraiment?

L’éducation traditionnelle, à base de punitions, chantages, humiliations et tout le tutti repose sur de fausses conceptions de l’enfant. En vrac et de manière non exhaustive, l’enfant serait un être naturellement manipulateur, incapable de prendre des décisions pour lui-même et totalement ignorant par nature.



A l’inverse de cette vision, l’éducation bienveillante se base notamment sur une fine connaissance du développement et du fonctionnement de l’enfant. Elle s’alimente des recherches de spécialistes, et notamment sur les dernières connaissances en neurosciences.

Elle fait voler en éclat les principes et préjugés qui ont régi l’éducation des enfants pendant des centaines d’années. Et mené au monde tel qu’il est aujourd’hui.

Elle revendique le statut de l’enfant comme une personne à part entière, acteur de sa propre vie, capable dès le plus jeune âge. Et agit avec la conscience que l’enfant d’aujourd’hui est l’adulte de demain. Enfin, elle remet le parent à sa juste place, d’accompagnateur, d’assistant, d’observateur…. de cultivateur, d’émergeur de talents, de montreur d’exemple.

Alors, si on remettait les pendules à l’heure? Qui sont nos enfants? De quoi sont ils capables? Et finalement, comment les accompagner au mieux?

Un enfant n’est pas une petite chose fragile à mettre dans une bulle – Parents, ça s’apprend !

Les enfants, dès leur naissance, ne sont pas de petites choses fragiles à protéger de tout. On chuchote quand ils dorment. L’hiver, on n’ose pas les sortir pour ne pas qu’ils n’aient froid. On n’a plus de vie sociale parce qu’un enfant, ça a besoin de régularité dans le rythme.

Oh, moi aussi, j’ai longtemps cru qu’il fallait changer tout son mode de vie quand arrivait bébé. Cru aussi que je devais choisir entre mes besoins et les leurs.

Cru aussi que la place des enfants n’étaient pas dans le monde des adultes. Aux mariages, on ne peut pas bien profiter avec un enfant dans les pattes. Aux enterrements, c’est trop triste pour eux. Au travail, n’y pensons pas. Un enfant, ça a besoin d’activités d’enfant.

Et pour être tout à fait juste, cette vision n’est pas seulement alimentée par l’éducation « à l’ancienne ». Je vais peut-être jeter un pavé dans la mare, mais je crois que les ayatollahs du maternage ne prêchent pas forcément toujours dans le bon sens.

Entendons-nous bien, je suis persuadée par les fondements du maternage. Je crois qu’un petit enfant a besoin d’être dans le giron de sa mère les premières années de sa vie. Je suis à fond pour être à l’écoute des enfants, les porter, nourrir leurs besoins intenses et impérieux (parfois au détriment des notres) ou encore écouter leurs émotions.

Mais, plus j’ai avancé dans ma maternité et plus j’ai constaté que quelque chose clochait. Car sous couvert de maternage, on peut vite tomber dans une forme d’ostracisme. On n’a plus de vie sociale pour ne pas perturber la routine dodo de bébé. On se fâche avec la famille et ses méthodes à l’ancienne qui vont griller le cerveau de nos enfants. Ou encore on passe des heures sur Pinterest à repérer les DIY Montessori pour occuper nos enfants insatiables demandeurs d’occupations. Et on se retrouve à ne pas parler avec un adulte des journées durant.

Mais, si notre rôle est effectivement de répondre aux besoins de nos enfants – parfois au détriment des nôtres – cela signifie-t-il forcément que nos jours et nos nuits doivent être centrés sur eux?

Est-ce vraiment cela, répondre aux besoins de nos enfants?

Plus ça va, et plus je crois que ce qui nourrit le mieux nos enfants, c’est de participer à la vie. Nos enfants n’ont pas besoin que le monde tourne autour d’eux. Ils ont besoin qu’on leur amène le monde à portee d’yeux et de bras. Faire nos courses, partir en voyage , aller voir des copains, travailler…leur faire partager le monde réel ! Au lieu de fabriquer un monde parallèle pour eux.

Dans les sociétés traditionnelles, les bébés vont au travail avec maman, ils font la fête avec tout le monde, et ils dorment quand ils sont fatigués, là où ils sont. Bien sûr, dans nos sociétés occidentales ces évidences sont rendues hyper compliquées. Rien que rencontrer des gens la journée quand tu es mère au foyer, ça demande une certaine forme de persévérance.

L’enfant n’est pas un vase qu’on remplit mais une source qu’on laisse jaillir – Maria Montessori

Contrairement à la croyance populaire, l’enfant n’a pas besoin qu’on lui dise sans arrêt quoi faire, qu’on lui apprenne la vie par la leçon, par la force ou encore en faisant à sa place. Il a les capacités d’aller chercher dans son environnement de quoi assouvir sa curiosité et de quoi s’élever.

Il n’y a qu’a observer les bébés! Ils n’ont pas besoin qu’on leur apprenne à téter. Ni plus tard à se retourner, à se redresser, à marcher à 4 pattes puis debout (contrairement à ce que les marchands de youpalas veulent nous faire croire).

Pourquoi penser alors que l’enfant arrêterait d’apprendre par lui même arrivé en âge scolaire ?

Ca peut nous paraître bizarre, mais en vrai il n’y a pas besoin de passer par une leçon, par la répétition ou par la menace pour enseigner aux enfants la politesse, l’équilibre alimentaire, l’écriture , l’histoire ou encore les maths.

De la même manière qu’il a appris les premières années de sa vie, l’enfant, par sa curiosité naturelle continuera d’apprendre de lui-même.

Alors, oui, son interet ne se tournera pas forcément sur le théorème de Pythagore (encore que) ou la conjugaison du verbe savoir au subjonctif présent (encore que). Il apprendra par envie, par opportunité, par motivation intrinsèque. Et si nous, parents, accompagnons avec passion les interêts de nos enfants, il n’y aura pas de limites à leur soif de savoir.

Ce qui rend les enfants paresseux face à l’acquisition des connaissances, c’est lorsqu’on les force à apprendre des choses qui ne les interessent pas. Et qu’on n’alimente pas leurs propres interets.

Et s’il en est ainsi pour les acquisitions motrices ou les apprentissages plus « académiques », c’est la même chose pour les conventions. La politesse, le savoir-vivre, les règles de vie en communauté… oui, tout cela peut être explicité mais il n’y a rien à enseigner. Elles s’acquiereront par imitation.

Mais alors, nous parent, on ne sert plus à rien? Bien sûr que si, nous devons agir à trois niveaux:

  • S’assurer que les besoins de nos enfants soient nourris. Que ce soient les plus élémentaires comme manger, dormir… Ou les besoins supérieurs comme recevoir de l’amour, se sentir en sécurité.
  • Proposer un environnement stimulant et adapté
  • Observer finement et nourrir les intérêts de l’enfant.
  • Lui apprendre à chercher l’information (dans les livres, auprès d’experts…) plutôt que de tout lui donner tout cru.
  • Montrer l’exemple.
    Si nous sommes nous mêmes des exemples d’empathie, de respect, de curiosité… alors, on aura fait notre boulot et sans rabacher !

C’est beau, c’est frais, c’est transparent un enfant – Eve Beslisle

Ne le prend pas dans tes bras, il te manipule. Laisse le pleurer, sinon, t’as pas fini. Tu vois bien qu’il fait un caprice.

Et bien, non Tata Josette, vois-tu, mon enfant est une personne en fait. Et comme toute les personnes, il exprime par ses comportements un besoin ou une émotion.

S’il pleure, c’est qu’il me dit quelque chose. Sincèrement. Pas pour m’embêter.

S’il fait une crise de colère, parce que son tee-shirt dinosaure est à laver, c’est qu’il ressent vraiment de la colère.

S’il fond en larme quand la mine de son crayon se casse, c’est qu’il est vraiment triste que la mine de son crayon soit cassée.

C’est simple pourtant non?

Tu ne me crois pas? Et bien, Tata Josette, renseigne toi un peu, c’est pas moi qui le dit, ce sont les neurosciences. Un jeune enfant est cognitivement incapable de manipuler. Il est transparent comme de l’eau de roche. Par contre, il peut ressentir beaucoup de stress quand on le laisse s’étouffer dans ses larmes. Quitte à finir par se couper de ses émotions. Et ça, c’est vraiment pas un cadeau à lui faire pour sa vie future.

Alors, tu vois Tata Josette, je vais continuer à répondre aux besoins de mon enfant. Je vais accueillir toutes ses émotions, parce que chacune d’elle est sincère et vécue intensément. Et même, tu sais quoi, je vais m’inspirer de lui et m’emerveiller de tout et pleurer quand j’aurais besoin de pleurer. J’ai entendu quelque part qu‘une bonne journée, c’est une journée ou on a autant ri que pleuré. Parce que les émotions, c’est juste normal, c’est la vie qui circule en nous. Les agréables et les désagréables. Et mes enfants, je les aime bien vivants.

Alors, voilà, j’ai fini sur cette description. Elle est longue et loin d’être exhaustive sûrement. Elle recouvre des sujets bien distincts et qui me tiennent tous à cœur.

Et vous, vous compléteriez comment cette description de l’enfant? Qui est -il vraiment pour vous?

Lire ça inspire:

A propos des apprentissage autonomes:

  • Documentaire Être et Devenir
  • Les apprentissages autonomes – John Holt
  • L’esprit absorbant de l’enfant – Maria Montessori

A propos des capacités des enfants:

  • Le concept du continuum- Jean Liedoff

 

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