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Parentalité consciente

Mon enfant dit des gros mots – et je le laisse faire !

Quand il avait aux alentours de 2 ans et demi, Mon Grand s’est pris d’amour pour ce gros mot de 5 lettres qui commence par M et fini par E. Non seulement, il le répétait à tout bout de champs, mais à bon escient en plus.

Les crises de colère s’agrémentait fréquemment de « Mais medeuuuuuuuh Maman, medeuh, medeuh !! ».

Les premières fois, avec B., on se retenait juste de rire devant le spectacle donné par ce petit haut comme trois pommes qui s’agitait en jurant comme un charretier.

Au bout de quelques jours, quand on a vu que cela ne passait pas, on a commencé à être un peu embêtés et on a voulu mettre au point une stratégie.

Faire cesser le comportement gênant

Notre premier réflexe a été de vouloir faire cesser ce comportement qui nous embarrassait (surtout en public, sinon, on trouvait juste ça marrant).

Le problème c’est qu’interdire pour interdire ne fait pas partie de nos méthodes d’éducation. Ici, les règles sont justifiées. Et là, franchement, justifier cette interdiction à un bambin de 2 ans et demi… je sais pas ce que vous en pensez, mais moi j’étais pas inspirée.

Il y avait la justification toute faite, celle qu’on entend mille fois étant petits, mais qui ne veut rien dire.

  • « les gros mots, c’est pas joli » ( ah oui, et pourquoi? Ca sonne bien pourtant )

Celle basée sur l’adultisme et qui a tendance à me hérisser le poil.

  • « les gros mots, c’est pas beau dans la bouche des enfants » (c’est sur, c’est magnifique dans celle des adultes)

Et la justification qui me semblait la plus respectueuse de la réalité n’était vraiment pas à la portée de mon fils à ce moment là.

  • « Mon chéri, les gros mots sont de l’ordre du langage familier. Je te prierai de rester dans le registre courant ou soutenu. » (Gneuuuu?)

Bref, toutes les justifications qui nous venaient, étaient soit inadaptées au niveau de compréhension de mon fils, soit vides de sens à nos yeux. Et du coup, on s’est demandé: « si on n’arrive pas à justifier notre demande, est-elle vraiment fondée? ».

Ou laisser couler?

Je devais en être à peu près là de mes réflexions, quand j’ai lu ou entendu quelque part quelqu’un qui suggérait d’éviter d’interdire les gros mots et juste laisser couler. Ah bah voilà, c’était exactement ce qu’il nous fallait !

gros mots
Laisser couler, la solution facile ET efficace ?

Cela m’a paru assez logique en fait. Ne dit-on pas que tout ce qui est interdit est plus tentant? En voulant faire cesser le comportement gênant, ne risquions nous pas de le renforcer?

On a donc pris le parti de laisser faire et d’attendre. Et devinez ce qui s’est produit? Au bout de quelques semaines, l’attrait pour ce nouveau mot s’est naturellement épuisé et je ne l’ai depuis (quasiment) plus jamais entendu dans la bouche de Mon Grand.

Il y en a de nouveaux qui arrivent et qui repartent et notre ligne de conduite n’a pas beaucoup changé. La seule différence c’est que Mon Grand commence maintenant à être capable de comprendre les conventions sociales. On lui explique doucement que certains mots ne peuvent pas s’utiliser dans tous les contextes.

Parfois, notre rôle de parents… c’est de ne rien faire !

C’est la conclusion que je tire de cette expérience… et de bien d’autres expériences de la parentalité.

On a souvent tendance à penser que pour obtenir quelque chose de nos enfants (par exemple, éradiquer les comportements inadaptés) il faut agir.

Laisser faire est associé à du laxisme.

Mais en fait NON ! Laisser faire EN CONSCIENCE, peut être une vraie méthode, efficace, souple et douce.

N’allons pas croire pourtant que la méthode « laisser faire » soit forcément facile. Elle demande déjà de s’affranchir du regard des autres. Elle demande de faire confiance à ses enfants et de se faire confiance. Et aussi, elle nécessite de notre part que nous incarnions le comportement souhaité.

Pour le cas des gros mots, ici, on essaye d’être courtois.

Pour autant, on ne surveille pas non plus notre langage outre mesure. J’ai déjà vu des parents supers stressés que leur enfant entende des gros mots. Mais bon, si ce n’est pas à la maison, ce sera ailleurs non?

Chez nous,il arrive que l’on dise des gros mots donc, mais plutôt rarement. Ce que nous attendons de nos enfants, c’est donc qu’ils ne disent « pas trop » de gros mots.

Après tout, pourquoi les adultes pourraient en dire et pas les enfants? A partir de quel âge cela deviendrait-il alors acceptable qu’ils en disent? On tombe dans un système sans queue ni tête, non?

En tout cas, ici, c’est la manière de faire qui nous convient à tous.

Et vous, comment gérez-vous les découvertes linguistiques de vos petits?

 

5 commentaires

      • Imala

        oui !!

        Ici pour les gros mots, quand mon ainée a commencé à en dire (elle a presque 14 ans maintenant), nous avons eu tendance à d’abord réagir comme vous. Ahhh cette importance donné aux regards des autres… 😉 Puis, on a vite, très vite laissé coulé pour aussi les mêmes raisons. Puis, moi, je dis pas mal de gros mots. Au fur et à mesure qu’elle a grandi et qu’elle a été capable de comprendre, nous lui expliquions qu’un mot était grossier (insulte par exemple) en fonction de comment il était utilisé. qu’elle dise « merde » car elle a zappé un truc ou s’est fait mal : ok, ce n’est pas dans ce cas un gros mot car pas une insulte, par exemple. Mais que dire merde à quelqu’un par exemple, c’est pas sympa.

        Pour moi, la limite est là. Si le mot/l’expression est utilisée à l’encontre d’une personne en sachant que c’est une insulte, alors c’est NON. Sinon, aucun soucis. Après, en grandissant, mes enfants apprennent de toutes façons dans quel contexte elles peuvent se laisser aller à parler ‘grossièrement » ou pas. Ils nous voient nous, qd on se lâche ou pas.

        • parents, ça s'apprend !

          merci pour votre temoignage. je n’y avais jamais reflechi de cette manière mais en effet, ce n’est pas la même chose d’employer un gros mot pour soi ou en reference à une personne. C’est une distinction interessante 🙂 Et je vous rejoins sur le fait que les enfants apprennent davantage ce genre de convention par l’exemple qu’on leur montre plutot qu’en rabachant !

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