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Parentalité consciente

Mes enfants ne sont pas polis – et ça me va !

Si vous demandez à mon grand de vous dire « le petit mot magique », il y’a de fortes chances qu’il vous regarde avec un air de merlan frit. Ou bien qu’il vous réponde un truc genre « ouistiti » ou « grosse madame », histoire de vous faire plaisir.

Bref, il n’aura aucune idée de ce que vous attendez de lui – un merci ou un s’il te plait en l’occurence. Tout simplement parce que nous n’exigeons pas de nos enfants qu’ils soient polis. Pour quelles raisons?

L’enfant absorbe son environnement, il n’a pas besoin qu’on lui « enseigne » les codes sociaux

Maria Montessori, médecin de la fin du 19ème siècle – début 20ème, et à l’origine de la célèbre pédagogie du même nom, propose dans ses écrits le concept fondamental « d’esprit absorbant » de l’enfant.

Ce concept s’illustre parfaitement avec l’apprentissage des langues: un enfant apprend à parler non pas parce qu’on lui fait des cours de langues, mais parce qu’il baigne dans le langage.

L’enfant possède donc la capacité d’absorber des savoirs depuis son environnement, de les intégrer et de les restituer.

enfants polis
Voilà, maintenant vous pouvez visualiser votre enfant comme ça !

Par ailleurs, Maria Montessori fait aussi l’hypothèse que les enfants possèdent des périodes sensibles où ils sont plus aptes à acquérir telle ou telle compétence. Par exemple, elle distingue la période sensible du langage, de l’ordre… et du développement social. C’est cette dernière qui est en jeu dans l’acquisition de la politesse.

Maria Montessori la place entre 2 et 6 ans. Cela signifie que pendant cette période, l’enfant aura une fenêtre plus ou moins longue où il sera particulièrement sensible aux interactions avec les autres et en particulier à la politesse. En fonction des enfants, cela viendra plutôt vers 2 ans ou plutôt vers 6 ans.

Cela signifie, que lorsque l’enfant sera dans sa période sensible du développement social, alors il intégrera très rapidement et sans efforts les codes de la politesse (bonjour, merci, au revoir…). Et ce d’autant plus qu’il aura baigné dans un environnement où ces codes sont présents.

Certains diront « J’ai appris à mes enfants à être poli et ça a très bien fonctionné »

Oh oui, je suis sûre que la méthode qui consiste à demander à ses enfants de dire merci ou s’il te plait systématiquement fonctionnera. Seulement à quel prix et pour quel résultat?

Si l’enfant n’est pas dans sa période sensible, alors vous aurez du rabacher et rabacher avec exaspération mille fois de dire merci ou bonjour, en bougonnant que cela n’est  pas bien compliqué quand même ! Sauf qu’il s’agit ni plus ni moins d’une convention et que pour un jeune enfant elle peut n’avoir aucun sens… sauf s’il est dans sa période sensible du développement social !

Alors oui, s’il voit que Papa ou Maman est contrarié(e) ou même en colère quand il ne dit pas « le mot magique », au bout d’un moment il se souviendra de le dire…pour vous faire plaisir. Et non pas parce qu’il aura intégrer l’essence de la politesse, qui est d’exprimer un signe de reconnaissance, de respect et de sympathie envers l’autre.

Le mot peut paraître rude, mais j’apparente cette méthode à du dressage. Elle va contre la nature de l’enfant. Elle demande des efforts inutiles à tout le monde, puisque de toute manière, un jour l’enfant sera poli par lui-même… s’il baigne dans un environnement où la politesse est présente !

Alors qu’est ce qu’on fait chez nous pour favoriser la politesse chez nos enfants?

Et bien, tout simplement on montre l’exemple. On dit bonjour, merci, au revoir, s’il te plait… à nos enfants, entre nous adultes, aux gens que l’on croise…  Et puis, on laisse infuser en attendant que ça vienne !

Ne nous mentons pas, parfois il nous arrive de nous sentir génés quand Mon Grand se fiche royalement des conventions. On se retrouve par exemple régulièrement dans des situations où d’autres personnes attendent de nos enfants un signe de politesse (bonjour, merci, au revoir…). Nous avons donc mis en place des solutions qui nous conviennent et qui nous semblent respecter nos enfants:

Imaginons, par exemple, que Mon Grand ne réponde pas à un au revoir et qu’on sente que la personne en face attend un retour, voilà comment nous réagissons

Dans un premier temps, on s’assure qu’il a bien entendu « as tu entendu que Untel t’a dit aurevoir? »

Si la réponse est oui, on lui demande s’il veut répondre (parfois on propose des alternatives, du style faire au revoir de la main, envoyer un bisou…). S’il ne veut toujours pas, alors on dit au revoir à sa place et on lui verbalise « je vais dire au revoir à ta place alors ».

Idem, quand il ne pense pas à dire merci, plutôt que le fameux  « Qu’est ce qu’on dit?! », on répond bien fort « Merci ! « , pour que Mon Grand intègre le concept et que la personne en face se rende compte que nous ne sommes pas complètement des parents indignes et malpolis.

Ainsi, on espère qu’il intègre ce qui est attendu de lui, sans qu’il ressente la pression de faire quelque chose qui n’a pour l’instant visiblement pas de sens à ses yeux.

Et vous, quelles sont vos attentes envers vos enfants en terme de politesse?

 

Lire, ça inspire: L’esprit absorbant de l’enfant, Maria Montessori

 

 

 

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