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Parentalité consciente

Enseigner la politesse à ses enfants: un dressage inutile

Si vous demandez à mon grand de vous dire « le petit mot magique« , il y’a de fortes chances qu’il vous regarde avec un air de merlan frit. Ou bien qu’il vous réponde un truc genre « ouistiti » ou « grosse madame ». Histoire de vous faire plaisir, quoi.

Bref, il n’aura aucune idée de ce que vous attendez de lui – un merci ou un s’il te plait en l’occurence. Tout simplement parce que nous n’exigeons pas de nos enfants qu’ils soient polis.

Je dois dire dans un premier temps que nous ne vouons pas un culte inconsidéré à ces conventions. Pourtant, nous avons conscience du rôle de la politesse dans le quotidien. Elle adoucit les relations. Et permet d’entrer en contact. Elle peut exprimer le respect ou au moins une certaine considération. Oui, tout cela nous le savons. Et nous savons aussi que nos enfants acquièreront cette compétence sociale sans que nous leur enseignions.

Pourquoi? Comment? Par ici, les réponses.

Enseigner la politesse: inutile et energivore

Maria Montessori, médecin de la fin du 19ème siècle – début 20ème propose dans ses écrits le concept fondamental « d‘esprit absorbant » de l’enfant. Ce concept s’illustre parfaitement avec l’apprentissage des langues. En effet, un enfant apprend à parler non pas parce qu’on lui fait des cours de langues, mais parce qu’il baigne dans le langage.

L’enfant possède donc la capacité d’absorber des savoirs depuis son environnement. Puis de les intégrer et de les restituer.

la politesse des enfants
Voilà comment vous pouvez visualiser votre enfant maintenant

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par ailleurs, Maria Montessori fait aussi l’hypothèse que les enfants possèdent des périodes sensibles. Pendant lesquelles ils sont plus aptes à acquérir telle ou telle compétence. Par exemple, elle distingue la période sensible du langage, de l’ordre… et du développement social. C’est cette dernière qui est en jeu dans l’acquisition de la politesse.

Maria Montessori la place entre 2 et 6 ans. Cela signifie que pendant cette période, l’enfant aura une fenêtre plus ou moins longue où il sera particulièrement sensible aux interactions avec les autres. Et en particulier à la politesse. En fonction des enfants, cela viendra plutôt vers 2 ans ou plutôt vers 6 ans.

Et donc lorsque l’enfant sera dans sa période sensible du développement social, il intégrera très rapidement et sans efforts les codes de la politesse (bonjour, merci, au revoir…). Et ce d’autant plus qu’il aura baigné dans un environnement où ces codes sont présents.

Enseigner la politesse: du dressage ?

Certains diront « J’ai appris à mes enfants à être poli et ça a très bien fonctionné ».  Oh oui, je suis sûre que la méthode qui consiste à demander à ses enfants de dire merci ou s’il te plait systématiquement fonctionnera. Seulement à quel prix et pour quel résultat?

Si l’enfant n’est pas dans sa période sensible, alors vous aurez du rabâcher et rabâcher avec exaspération mille fois. Peut être même en bougonnant que cela n’est  pas bien compliqué quand même ! Sauf que la politesse n’est ni plus ni moins d’une convention. Et que pour un jeune enfant, elle peut n’avoir aucun sens… Sauf s’il est dans sa période sensible du développement social !

Alors oui, s’il voit que Papa ou Maman est contrarié(e) ou même en colère quand il ne dit pas « le mot magique », au bout d’un moment il se souviendra de le dire…Pour vous faire plaisir. Et non pas parce qu’il aura intégrer l’essence de la politesse. Qui est, selon moi, d’exprimer un signe de reconnaissance, de respect et de sympathie envers l’autre.

Le mot peut paraître rude, mais j’apparente cette méthode à du dressage. Elle va à l’encontre la nature de l’enfant. Elle demande des efforts inutiles à tout le monde. Puisque de toute manière, un jour l’enfant sera poli par lui-même… s’il baigne dans un environnement où la politesse est présente !

Et puis, mettez vous à la place de votre enfant. Se faire rappeler sans arrêt qu’on oublie quelque chose, pensez-vous que c’est agréable? Je crois pour ma part que cela peut être assez agaçant. Couper les élans. Voire être humiliant. Et soyez honnêtes, dites-vous systématiquement s’il vous plait ou merci, pour tous les actes anodins du quotidien?

Montrer l’exemple et patienter, la clef du succès

Parfois nos actions sont plus des entraves aux apprentissages que des moteurs. Voici, pour nous parents, une idée parfois difficile à croire et à avaler. Pourtant, il n’y a pas toujours à faire quelque chose. Souvent, il suffit « d’être » ou plus explicitement d’incarner le comportement que l’on souhaite voir se développer.  Ici, on dit bonjour, merci, au revoir, s’il te plait… à nos enfants, entre nous adultes, aux gens que l’on croise…  Et puis, on laisse infuser en attendant que ça vienne !

Ne nous mentons pas, parfois il nous arrive de nous sentir génés. On se retrouve par exemple régulièrement dans des situations où d’autres personnes attendent de nos enfants un signe de politesse qui ne vient pas. Nous avons donc mis en place des solutions qui nous semblent respecter nos enfants et prendre en compte les attentes des « autres »:

Imaginons, par exemple, que Mon Grand ne réponde pas à un au revoir. Et qu’on sente que la personne en face attend un retour, voilà comment nous réagissons. Dans un premier temps, on s’assure qu’il a bien entendu. « As tu entendu que Untel t’a dit aurevoir? ». Si la réponse est oui, on lui demande s’il veut répondre. Parfois on propose des alternatives, du style faire au revoir de la main, envoyer un bisou… S’il ne veut toujours pas, alors on dit au revoir à sa place et on lui verbalise « je vais dire au revoir à ta place alors ».

Idem, quand il ne pense pas à dire merci. Plutôt que le fameux  « Qu’est ce qu’on dit?! »,  on répond bien fort « Merci ! ». Ainsi, Mon Grand intègre doucement le concept et la personne en face se rend compte que nous ne sommes pas des parents totalement indignes et malpolis.

Une manière pour nous de ménager la chèvre et le chou. On évite à notre enfant une pression inutile sur quelque chose qui n’a pour l’instant visiblement pas de sens à ses yeux. Et on répond au besoin de reconnaissance de la personne en face.

 

Et vous, quelles sont vos attentes envers vos enfants en terme de politesse?

 

Lire, ça inspire: L’esprit absorbant de l’enfant, Maria Montessori

 

 

 

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