Péridurale
Grossesse et accouchement

10 raisons de preferer « souffrir » plutot que de prendre la peridurale (2/2)

La péridurale concerne 80% des accouchements en France. Alors qu’elle est bien moins utilisée dans des pays voisins comme l’Angleterre ou les Pays Bas.

Ce recours culturel à la surmedication n’est pas sans conséquences. Et surtout, il nous prive d’une partie de l’expérience de l’accouchement.

Voilà donc 5 autres raisons de préférer la douleur à la péridurale.

( retrouvez ici les 5 premières raisons de préférer la douleur à la péridurale)

6. Traverser la peur et la douleur pour favoriser le « devenir-mère »

La douleur de l’accouchement fait peur. Car l’accouchement fait peur. Il est l’inconnu. Et en plus, dans l’imaginaire collectif, l’accouchement est fortement relié à la probabilité de mort maternelle ou foetale. Oui, ce qui nous fait perdre pied, ce n’est pas forcément la douleur en elle même, mais les peurs qui nous habitent. Et en tête celle de mourir.

Les douleurs de l’accouchement sont souvent les plus intenses jamais vécues par la femme. On n’ a pas d’antecedant. Peut on VRAIMENT survivre à ca? Cette douleur est tellement intense, c’est forcément que quelque chose ne va pas !

La peur de la mort liée à l’intensité de la douleur peut nous faire perdre pied.

Pourtant, cette étape où l’on croit mourir est classique d’un accouchement physiologique. Elle apparait souvent autour de 7cm de dilatation, lors de la phase de désespérance.

On peut aussi y apporter des explications psychologiques. En voici quelques unes, non exhaustives Lorsqu’elle donne naissance, la femme devient mère, une partie d’elle meurt, quand elle donne la vie. Sa vie ne sera jamais plus pareille. Elle recule d’une génération aussi, cela nécessite d’accepter de laisser la place à la génération future. Oui, donner la vie, c’est aussi faire le deuil de ce qui ne sera plus. Et la traversée de cette sensation physique de mort peut aussi participer à ce processus psychologique. 

7. Transcender la douleur, un chemin de conscience et de confiance

Au delà de cette peur de mourir, qui apparait physiologique vers 7 cm de dilatation, nous pouvons vivre de la peur à toutes les étapes de l’accouchement.

Et cette peur est en partie ce qui nous fait basculer dans la souffrance.

Souvent, elle est liée à une forte méconnaissance de notre corps, de ses capacités et notamment de celle de survivre a la douleur. Car nous ne sommes plus habitués à avoir mal! Dans le quotidien, notre réflexe premier est d’éliminer la douleur dès qu’elle apparait plutôt que de l’apprivoiser ( personnellement, je suis toujours hallucinée du nombre de personnes qui prennent un doliprane au moindre mal de tête). Forcément si on n’a jamais eu l’habitude d’avoir mal et de constater notre capacité à traverser la douleur... C’est plus difficile d’être en confiance au moment d’accoucher !

Alors oui, quand on traverse un accouchement, on apprend beaucoup sur notre capacité à transcender la douleur. Je crois sincèrement que l’accouchement est une expérience initiatique pour la femme et la mère en devenir. Un peu comme un saut au dessus du feu ou une marche sur les braises. Quand on a traversé la douleur, la phase de désespérance ou l’on croit mourir et qu’on a vu et senti de quoi notre corps est capable… Cela donne des ailes pour le reste de sa vie ! Une confiance énorme en notre corps, en notre pouvoir de femme, en nos capacités de mère.

8. Se réapproprier son corps

L’autre point qui selon moi active nos peurs et cette croyance que notre corps est incapable, c’est notre habitude de déléguer les soins que nous nous prodiguons. Nous ne connaissons plus notre corps, ne savons plus l’écouter. Ce sont les docteurs qui savent. Au moindre pet de travers, nous fonçons chez le médecin car nous avons peur.

Société aseptisée qui veut nous faire croire que l’on devrait toujours être heureux et en forme. Que la douleur, comme la tristesse, est mauvaise et à éliminer.

Alors, pour une étape aussi importante que l’accouchement, vous pensez bien… D’ ailleurs la femme ne vient pas accoucher mais se faire accoucher. En se soumettant à tout un tas de protocoles initialement mis au point pour les cas pathologiques.

Cette surmédicalisation banalisée de l’accouchement concourt à nous faire croire qu’accoucher est dangereux. Et à ne plus faire confiance à notre corps, à nos sensations au profit des professionnels et des machines.

Faire le choix de traverser la douleur, c’est aussi une manière de se réapproprier son corps. De (ré)apprendre que les solutions sont très souvent en nous, si on sait s’écouter. C’est récupérer une forme de pouvoir sur notre corps et par extension sur tous les domaines de notre vie.

Depuis que j’ai accouché de manière physiologique et sans assistance médicale (bébé fusée!), je me sens beaucoup plus capable de me dépasser physiquement. Car maintenant je sais que mon corps sait des choses que ma tête ignore. Que je suis capable de faire taire mon mental pour aller puiser des ressources insoupçonnées.

Et dans tous les domaines de ma vie, je me sens pousser des ailes. Et ouais, les gars, j’ai sorti un bébé de mon corps toute seule, maintenant, plus rien ne m’est inaccessible !

9. Se connecter à notre nature humaine et animale

Oh oui, je sais que pour certain cette affirmation peut sembler très new age.

Pourtant, laisser faire la nature… Revient selon moi à se connecter à cette nature. A ce qui fait de nous un humain autant qu’à notre part animale. C’est aussi se reconnecter à un tout, qui nous dépasse tellement. La puissance qui traverse la femme qui accouche naturellement la relie à toutes les femmes qui ont accouché avant elles. C’est un lien universel et intemporel. Expérimenter que notre corps sait accoucher, juste parce que c’est inscrit en nous, est une expérience extraordinaire. Qui nous offre des perspectives énormes sur nos capacités insoupçonnées, sur notre connexion parfois perdue de vue à la nature.

Personnellement, accoucher naturellement m’a donné un regard nouveau sur le monde qui m’entoure. Et je me suis sentie plus vite bien plus connectée à mon bébé qu’avec mon premier accouchement médicalisé.

10. Démarrer sa vie de mère en confiance

Accoucher « par soi même » nous donne des le début de notre maternité beaucoup de confiance sur nos capacités de mère. Si on a su accompagner notre bébé jusque là, alors… On peut l’accompagner dans tout le reste !

Oh bien sur, ce n’est pas si simple, il y aura toujours des doutes et des difficultés sur le chemin de la parentalité.

Pour autant, de mon expérience, accoucher physiologiquement conforte dans nos capacités à s’occuper de notre bébé. A faire ce qu’il y a de mieux pour lui. A se depasser pour lui. Et ça c’est bien utile quand on démarre sa vie de maman !

 

En conclusion, je suis convaincue que chaque femme a les ressources en elle pour accoucher physiologiquement ( sauf cas pathologiques). Je suis surtout intimement persuadée qu’accoucher de manière médicalisée et accoucher médicalement sont deux expériences très différentes. Même si la péridurale est peu dosée, même si les interventions sont minimes. Donner la vie n’est pas une affaire de professionnels de santé, c’est une affaire de femmes. Se priver de cette option, c’est selon moi passer à côté d’une experience initiatique majeure. Passer à côté d’une part de notre nature.

Ceci dit, soyons clair. Je ne jette pas la pierre aux femmes qui choisissent cette option. J’y ai eu recours moi même à mon premier accouchement faute de préparation et de soutien. Pour mon deuxième, peut être l’aurai-je réclamé aussi si seulement j’avais eu le temps de me rendre à la maternité.

Oui, dans notre société, faire ce choix pourtant si naturel est devenu un engagement presque militant. Et surtout, cela demande une énorme force de caractère et une grande confiance en soi de lutter contre toutes les forces qui veulent nous faire croire que l’on est incapables.

Pour autant, je crois que c’est un énorme cadeau à se faire. Oui, vraiment. Si vous vous préparez a accoucher, je crois que vous avez tout à gagner à vous préparer à le faire de manière physiologique. Le jeu en vaut la chandelle !

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4 Comments

  • Sha

    Ps Sophie, je ne savais pas avant de lire ton article que cette phase du  » je n’en peux plus, je vais mourir, il faut que cela cesse!! » portait un nom.
    En revanche, il y a quelque temps, je suis tombee sur le blog d’une sage femme je ne sais plus comment qui parlait elle dune autre phase, celle de la « quiétude » et avec le recul, je sais que je l’ai vecu pendant quelques minutes lors de mon dernier accouchement parce que j’ai senti comme un répit et que j’ai même pu fermer un peu les yeux ppur somnoler avant que les contractions ne reprennent de plus belle.
    Tu avais déjà entendu parler de cette phase-là? L’as-tu vecu aussi?
    Bonne journée à toi et à ta famille!

    • Sophie de Parents, ca s'apprend!

      Je n’ai jamais entendu ce nom de phase de quiétude et je ne l’ai pas vécu, je crois que mon accouchement a été trop rapide, j’ai à peine eu le temps de « désespérer ». Mais j’ai déjà lu plusieurs fois des témoignages de femmes qui rejoignent le tien, ou elles s’endormaient entre les contractions ! Merci du partage, on en apprend tous les jours 🙂

  • Sharon

    Tellement heureuse d’entendre enfin ce son de cloche et dans des propos clairs et pertinents! Je partage parfaitement ce point de vue pour l’avoir vécu aussi. Maman de trois enfants, j’ai vecu un premier accouchement plus médicalisé parce que ma fille était en siège. Je ne voulais pas la peridurale mais on me l’a imposée; jai donc demandé la dose minimale et j’ai pu ressentir les contractions et j’ai vécu la « phase de désesperance » où l’on croit que lon ne va plus pouvoir en supporter davantage et j’ai demandé à mon conjoint de rappuryer sur le bouton de la péri! Ma fille est arrivée dans la minute…j’ai su alors qu’effectivement, quand je pensais mourir, j’avais encore de la force en réserve et c’est forte de cette expérience que j’ai accouché physiologiquement de mes deux garçons. Le dernier accouchement a été long, contrairement au vôtre, presque 14 heures de contractions sans péridurale mais je n’ai pas ressenti de désespérance à proprement parler: musique zen et exercices de respiration m’ont fait tenir jusqu’à la dilation presque complète et quand la sensation de ne plus en pouvoir est arrivée, je savais que c’était en fait le moment de vraiment pousser, que bébé serait bientôt là!
    Oui, la douleur est initiatique et formatrice et moi aussi, je le profese sans jugement envers celles qui désirent la péri ( faut dire que voir des femmes hurler dans les series ou les films n’aident pas à se projeter sereinement non plus!)

    • Sophie de Parents, ca s'apprend!

      Super témoignage. C’est vraiment rassurant et enthousiasmant de lire que tu as vécu les 14h de contractions sans desesperance ! Merci du partage

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