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Grossesse et accouchement

Accouchement: le père, une plante verte?

Récemment, j’ai vu passer sur les réseaux sociaux une illustration représentant une plante verte et dont la légende était grosso modo « Le papa en salle d’accouchement ». Ce partage, sur un groupe de mamans « bienveillantes » a déclenché beaucoup de smileys hilares. Pour ma part, je me suis sentie plutôt triste et assez en colère. Voilà les réflexions que cette illustration aura eu le mérite de m’inspirer

Pas facile de trouver sa place en salle d’accouchement

Lors de mon premier accouchement, B. était présent mais sans être là. J’avais eu beau lui dresser une belle liste de toutes les choses qu’ils pourraient faire pour m’aider, il ne se sentait pas vraiment concerné. Et puis, il était fatigué, vous comprenez, on était arrivés à la maternité à 6h du matin. Plus tard, il a reconnu s’être senti complètement perdu. Que ça avait été inconfortable pour lui de ne pas savoir quoi faire. Qu’il aurait aimé du soutien lui aussi, de la part des sage-femmes. Mais bon, déjà qu’elles avaient à peine le temps de s’occuper de moi, alors le papa… Et puis, de toute manière, c’est bien connu, l’accouchement n’est pas une affaire de papa. Ni même de maman d’ailleurs. L’accouchement c’est une affaire de PROFESSIONNELS de santé. Bah oui, c’est GRAVE d’accoucher, vous comprenez. La preuve, on va à l’hopital pour ça. Arrivées le jour J en salle d’accouchement, beaucoup de mamans sont dans une posture complètement passive, attendant que le Dieu-Docteur leur dise quoi faire et qu’on « les accouche ». Vous imaginez, si déjà les principales concernées, se reposent complètement sur quelqu’un d »extérieur… on peut difficilement attendre des papas une posture super active.

Certains papas sont capables de beaucoup si on leur laisse la place

Pour mon deuxième accouchement, les choses ont été bien différentes. Figurez-vous que B. a tout bonnement tenu le rôle de la sage-femme ! Mon P’tit Deuz est né comme il s’est invité dans mon ventre: un peu plus vite que prévu !

Il est du coup né à la maison… et avant l’arrivée des pompiers. A aucun moment, je n’ai paniqué. Mon cortex était en off et mon cerveau reptilien a fait son job. Mon corps a poussé seul, mon bébé est né comme une lettre à la poste. Mais le truc très bizarre dans cet accouchement, c’est qu’on aurait dit que le cerveau de B. était aussi en mode off. Lui qui est très mal à l’aise dans le milieu médical a réceptionné le nouveau-né comme s’il avait fait ça toute sa vie. Au bout de quelques secondes sans respiration, il a eu de lui-même le réflexe d’enlever le cordon autour de son cou. Ceci n’est qu’un exemple, mais constater le contraste entre les naissances de mes deux enfants me prouvent que si les papas sont passifs, ce n’est pas forcément de leur fait ! Si on leur laisse la place, ils sont capables de s’investir. Soyons tout de même honnête, il y a aussi une question sociétale derrière le manque d’investissement de certains pères. Tous n’ont pas la possibilité de s’absenter du travail pour assister aux rendez-vous de suivi et au cours de préparation (seuls 3 rendez-vous sur toute la grossesse sont pris en charge). Ne parlons pas de la durée du congé paternité qui prouve bien l’image que notre société a du rôle du père dans la vie du nouveau-né. Ca demande donc une prise de position forte du papa de s’investir VRAIMENT dans la grossesse et l’accouchement. Et puis, il existe aussi des papas qui n’ont tout bonnement pas envie d’assister à l’accouchement. Dans notre société, cela est assez mal vu. Je le voyais mal aussi avant. Mais j’ai changé d’avis.

Les papas sont-ils les mieux placés pour accompagner leur femme lors de l’accouchement?

Quelques années avant d’avoir mon premier enfant, j’échangeais avec une copine enceinte sur ses plans pour l’accouchement… et le papa n’en faisait pas partie ! Elle préférait demander à sa mère de l’assister ce jour-là. J’avoue avoir trouvé ça vraiment bizarre… et avoir mis cette lubie sur son côté vieille France. Deux enfants plus tard, mon regard a changé. Je vous parlais des conditions à réunir pour maximiser la production d’ocytocyne lors du travail. Et donc la rapidité de l’accouchement. Parmi elles figurent…la présence d’une figure maternelle discrète, silencieuse, rassurante et acceptante Aujourd’hui, je comprends vraiment ce critère. Un papa n’a par définition jamais accouché (non, ne me remerciez pas!). Il peut vite se sentir démuni devant les réactions de sa femme le jour J. Voire paniquer.

Or, une femme qui accouche a besoin de SOUTIEN (actif ou non) et de CALME autour d’elle. Une femme qui a déjà vécu un accouchement sera potentiellement plus à même de comprendre nos besoins le jour J et sera aussi sûrement moins impressionnée par nos vagissements petits bruits délicats de femme qui accouche. Alors oui, dans nos sociétés, l’injonction est dorénavant faite au papa d’assister à l’accouchement. Bien sûr, si c’est son souhait, ça parait cruel de l’en priver. Mais , pourquoi ne pas aussi faire appel à une mère, une soeur ou pourquoi pas une doula? En conclusion Je dirai surtout qu’il faut que vous réfléchissiez vraiment ensemble à ce que vous voulez pour le jour J. Il n’y a pas de bons ou de mauvais choix. Mais ne partez pas sur une configuration parce que « tout le monde fait comme ça ». Réfléchissez bien à vos besoins et à la meilleure façon de les combler. Si papa est partant et vous aussi, alors préparez-vous à fond. C’est important ! Qu’il sache à quoi s’en tenir et qu’il soit un soutien réellement efficace le jour J. Et si papa ne le sent pas ou que vous préférez que quelqu’un d’autre vous soutienne, c’est OK. Ca n’enlèvera rien à ce qui se construira ensuite avec son enfant. Et pour vos accouchements, vos conjoints étaient à fond ou plutôt passif? Vous avez aimé cet article? Je serai contente que vous me le disiez en commentaire ou bien en likant. N’hésitez pas aussi à aller faire un tour sur ma page Facebook
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4 Comments

  • Marie

    Bonjour et merci pour votre blog. Je ne peux que rendre hommage ici à mon amoureux merveilleux qui a été mon roc pendant 16 heures de travail sans péridurale dont une nuit complète. C est une expérience qui nous a soudés pour notre début de vie de parent car tous les doutes que je pouvais avoir sur sa capacité à être père se sont envolés quand j ai vu qu’il restait cramponné à moi, respirant à mon rythme, me portant, traduisant mes grognements de refus d hormones à la sage femme… il n a jamais failli alors qu il a été très marqué par ma douleur et a difficilement vécu cette expérience. Cette épreuve partagée a décuplé mon amour et mon admiration pour lui. Je trouve très dommage d écarter les pères quand on constate l intensité du lien créé par ce rite initiatique de la vie parentale.

    • parents, ça s'apprend !

      Bonjour, Merci pour votre très joli témoignage ! Je vous rejoins sur le fait que cette expérience peut être vraiment initiatique pour le couple de parents. Je l’ai vécu comme ça pour mon deuxième accouchement. Ceci dit, je pense que tous les pères ne sont pas prêt/fait pour ça et que ça peut être OK aussi.

  • chenillenvol

    Je n’ai pas encore pensé à cela n’ayant pas le désir immédiat d’avoir des enfants. Cependant le sujet est très intéressant, autant sur la place du père que le genre et l’expérience de la personne accompagnatrice dans la salle d’accouchement.
    Si la place des femmes est régulièrement interrogée, ton article montre ce manque concernant les hommes dans ce monde nouveau.

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