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Parentalité consciente

Elever nos enfants dans la coopération

Nous vivons dans une société hyper individualiste. Dès l’école, en passant par le monde du travail ou du sport, la compétition est partout.

Est ce pour autant dans la nature humaine de se comparer sans arrêt? Et surtout est ce souhaitable?

Il me semble pour ma part que ce modèle chacun-pour-ma-pomme a fait les preuves de son inefficacité. Inefficacité à rendre les êtres humains heureux. Et à l’inverse grande capacité à les isoler les uns des autres et à les éloigner de leur propre nature.

Bref, je souhaite pour ma part élever mes enfants dans un esprit de coopération et d’entraide. Qu’ils aient conscience de la richesse de la Différence. Qu’ils voient l’Autre comme une ressource plutôt qu’un rival.

Un bien joli programme me direz vous. Mais concrètement? Et bien, dans le monde réel, moi aussi je vis dans mon petit pavillon , je connais à peine mes voisins et pour tout dire je suis plutôt ours solitaire que socialista.

Mais avoir conscience de la nécessité de la coopération me pousse dans la bonne direction. M’invite à la reflexion  sur la manière de donner l’exemple à mes enfants. Et à donc sortir de ma zone de confort. Voici donc trois axes que je développe au quotidien pour favoriser l’esprit de coopération chez mes enfants.

Remplacer le maximum de situations de compétition par des situations de coopération

Dès le plus jeune âge, les enfants sont comparés entre eux. A l’école, ils sont évalués, classés, jugés. Dans le monde du travail, c’est la même chose.

Certains disent, « vu que la compétition est partout dans le monde, il faut les habituer dès petits« . Mais la compétition est-elle vraiment une norme « naturelle »? Ou bien le reflet d’un monde malade? Et alors, devrions nous adapter nos enfants à un monde malade? Ou les accompagner pour qu’il fasse évoluer ce monde?

dessin competition ecole
Kevin, tu ne sortiras pas de la tant que tes ronds ne seront pas aussi beaux que ceux de ta soeur

Bref, vous l’avez compris, j’opte pour l’option que c’est le monde qui est malade. Concrètement, en tant que parent, quels sont mes leviers pour développer chez mes enfants la coopération plutôt que la compétition?

Et bien, déjà, je ne les confie pas à un système qui valorise la comparaison et la compétition, j’ai nommé l’école. Oh oui, je sais qu’elle évolue, que certains professeur ont conscience de ces problématiques et agissent en conséquences. Mais dans l’ensemble, l’école est basée sur l’idée d’évaluation. Il y a des socles à atteindre pour un âge donné. Les professeurs sont obligés à un moment ou à un autre d’évaluer. Et par ricochet, de comparer, de classer.

Ensuite, à la maison, j’évite au maximum les comparaisons entre mes enfants. C’est un exercice pas forcément évident, mais on s’en sort.

On privilégie ensuite les jeux coopératifs aux jeux de compétition. Par exemple au lieu de  » qui arrivera le premier jusqu’ a l’arbre? » J’essaye plutôt  » pouvez vous être arrivés tous les deux en moins de 20 secondes? ».

Encourager les ressources extérieures au foyer

A l’heure d’internet, si mon enfant me pose une question à laquelle je ne sais pas répondre, j’aurais tôt fait de trouver l’explication. Cela est certes bien pratique. Mais je crois qu’il peut être beaucoup plus enrichissant de renvoyer nos enfants vers des « experts » dès que cela est possible.

Une question sur le pain? Parlons-en au boulanger. Une interrogation sur le fonctionnement du moteur? Pourquoi ne pas aller demander au garagiste quelques minutes de son temps.

volcan expert autonomie ressources
Si vous êtes volcanologue, vous pouvez m’interesser !

Il me parait important que mes enfants tissent des liens au maximum avec d’autres personnes, extérieures au foyer. Déjà, parce que nous sommes des animaux sociaux, et que cela ne peut que contribuer à leur épanouissement. Et au-delà de ça, je pense éminemment important qu’ils puissent avoir d’autres référents que Papa et Maman. Pour qu’ils intègrent la richesse de la diversité humaine. Qu’ils soient capables, si ou quand cela est nécessaire de trouver d’autres ressources.

Impliquer les enfants à hauteur de leurs capacités réelles

On entend beaucoup parler de favoriser l’autonomie de nos enfants, notamment, en les impliquant dans les tâches du quotidien. C’est par exemple un fer de lance de la pédagogie Montessori.

Intellectuellement, cela me parait logique depuis un moment. Tout jeune, cela répond à leurs besoins de participer à la vie pratique . J’avais aussi en tête que c’était un bon investissement pour l’avenir.  Si on passe un peu de temps à les accompagner au moment où ils s’intéressent aux tâches ménagères, on galérera moins à l’adolescence pour leur faire débarrasser la table.

J’avais compris tout cela et en même temps, je n’insistais pas plus que ça, s’ils voulaient participer OK mais sinon, je laissais couler. En fait, une partie de moi avait cette vision de la maman qui doit choyer ses petits et leur éviter les contraintes du quotidien. Mais d’une part, ce que nous adulte voyons comme une contrainte, peut être un plaisir pour un enfant. Cela répond même à leurs besoins. Besoin d’exercer ses capacités dans des tâches authentiques, souhait de se sentir utile et plaisir à faire comme les grands.

Et ce que j’ai integré plus récemment, c’est que non seulement, c’est favorable à leur développement. Mais surtout, c’est JUSTE et NORMAL qu’ils participent. Ils font partie de la famille. Ils participent à la charge de travail de la famille.

Et au-delà de ça, nos enfants ne sont pas de petites choses fragiles à protéger des difficultés de la vie, ou des choses pénibles. Dans les sociétés primitives, les enfants participent dès leur plus jeune âge à la vie de la communauté. Qu’on se mette d’accord, ceci n’est pas un plaidoyer pour le travail des enfants. C’est un plaidoyer pour remettre les enfants à leur juste place. Celle de membre d’un groupe. Avec ses privilèges et ses devoirs vis-à-vis du groupe.

Oui, cette dimension m’avait jusque là échappée. Et pourtant, je crois qu’elle est primordiale. Elle permet à l’enfant de se sentir integré pleinement au fonctionnement de la famille. De sentir qu’il est un maillon de la chaine au même titre que les autres et à la hauteur de ses moyens. De savoir que dès son plus jeune âge, il est utile aux autres et à un rôle à jouer pour le bien-être et le bon fonctionnement de la communauté.

Depuis que je vois les choses comme ça, je me sens beaucoup plus de légitimité à demander participation à mes enfants. Et si dans les actes, peu de choses ont changé, cette modification de posture de ma part porte déjà ses fruits. Je remarque que mon ainé s’implique de plus en plus spontanément dans les tâches de la maison. Et qu’il répond très souvent favorablement à mes demandes.

Et vous, quelles sont vos réflexions autour de la coopération? 

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4 Comments

  • Marion

    Bonjour,
    Merci beaucoup pour cet article sur un sujet qui me parle! Je suis dans une démarche assez semblable avec nos 4 enfants, nous allons commencer l’IEF en septembre notamment…
    Je suis particulièrement d’accord pour les impliquer dans la vie de famille, car je suis persuadée qu’ils ont besoin de se sentir utile, et partager les tâches quotidiennes me parait avoir beaucoup de sens! Sans compter qu’à 6, j’ai bien besoin de toutes les aides qui soient… Mais malheureusement, nous peinons mon mari et moi à instaurer un climat de coopération et d’entraide. Force est de constater que quand nous sollicitons leur aide, ils n’ont pas envie la plupart du temps, ou ils ont autre chose à faire… C’est assez décourageant, je ne sais plus trop comment faire pour que les choses viennent d’eux naturellement, sans devoir se fâcher ou être déçue.
    Comment arrivez-vous à les impliquer dans les activités du quotidien?

    • Sophie de Parents, ca s'apprend!

      Oh oui, je comprends qu’ à 6 la participation de chacun soit la bienvenue !
      Et bien je n’ai pas de recettes miracles et honnêtement leur participation à l’heure actuelle ne me décharge pas vraiment .
      Quelques trucs que j’utilise :
      – leur proposer systématiquement les taches qu’ils aiment ( mon Grand aime râper les carottes et lancer le lave vaisselle par exemple). Et lâcher un peu prise sur celles qu’ils aiment moins ( débarrasser la table…)
      – me retenir de couper leurs élans , pour maintenir la flamme: mon p’tit deuz aime passer le balai. Forcément, à 2 ans, il en étale partout plus qu’il n’en ramasse et parfois j’ai juste envie d’en finir. Donc je ronge mon frein 😅
      – faire faire par le jeu: combien de couverts tu crois que tu peux porter jusqu’à la table ?
      – valoriser ce qui a été fait sans m me focaliser sur le reste. Remercier aussi. Quand vraiment je commence à me sentir énervée, parler de mes besoins : je peux débarrasser toute seule mais ca sera plus long et je me sens contrariee donc je serai sûrement moins disponible pour jouer.

      Voila ce que j’utilise pour l’instant 🙂

      • Marion

        Merci beaucoup Sophie pour vos pistes.
        Dans un premier temps, je ne cherche pas à être déchargée, mais ce que je voudrais plutôt, c’est arriver à impulser un mouvement de coopération qui soit le plus naturel possible… je suis peut-être un peu idéaliste.
        Je vais noter vos idées et les essayer pour trouver quelque chose qui nous convienne. Nous valorisons beaucoup, et les remercions, mais il faut peut-être que je travailles davantage sur l’expression de mes besoins sans m’énerver, ce qui est un challenge!
        Encore merci pour votre article et vos partages.
        Je vous souhaite une bonne fin de semaine bien chaude

        Marion

        • Sophie de Parents, ca s'apprend!

          Merci Marion pour votre message.
          Avec des petits, je crois en effet qu’il ne faut pas chercher à se décharger.
          Et je vous rejoins sur la difficulté à exprimer ses besoins sans s’enerver… déjà les identifier… les reconnaitre comme tels (et non pas comme règle absolue)… accepter les besoins de nos enfants… Bref y’a du boulot !
          Et si vous mettez en place des pistes qui fonctionnent chez vous, je serai heureuse que vous me les partagiez !

          Belle semaine

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