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Parentalité consciente

Faut-il se former à devenir parent?

« Chacun éduque ses enfants comme il veut, du moment qu’il y a de l’amour ».

Comment vous sentez-vous face à cette affirmation?

Personnellement, et même si je suis pour la liberté individuelle, ça me fait tiquer. Parce que je crois fermement que l’amour n’est pas suffisant. On peut aimer quelqu’un et le rendre malheureux. En tant que parents, on peut avoir les meilleures intentions du monde mais pas les compétences pour assurer le bonheur de notre progéniture.

Alors quoi? Il faudrait qu’on nous enseigne à devenir parents? Qu’on nous enseigne un rôle qui pourtant devrait être si ? Voilà ma reflexion sur ce sujet.

Aimer son enfant ne garantit pas son bonheur

« Arrêtons de dire aux autres quoi faire, que chacun fasse comme il le sent ». « Du moment qu’on s’occupe de nos enfants avec amour, ils le sentent ». « Il n’y a pas de méthode meilleure qu’une autre, chacun fait comme il veut avec ses enfants ».

Voilà le genre de phrase que je peux lire ou entendre parfois. Et qui ont tendance à m’agacer.

Comme si, sous prétexte qu’on aime nos enfants et qu’on leur dit, alors tout comportement parental serait acceptable. Pourtant, je crois sincèrement qu’on peut aimer ses enfants et leur envoyer le message contraire. Par nos actes , nos paroles. Même pétris de bonnes intentions.

amour parent competence
Mais puisque je te dis que JE T’AIMEEEE !! Tu veux quoi de plus?!!!!

En poussant le raisonnement à l’extrême, je suis à peu près persuadée que les parents qui battent leurs enfants les aiment. Et qu’ils font aussi sûrement de leur mieux, avec les cartes qui sont les leurs. Seulement, les enfants reçoivent ils cet amour? Sont-ils heureux?

Non, vraiment, en matière de parentalité, on ne peut pas se contenter du minimum. Se reposer sur ses lauriers, sur ce qu’on croit savoir ou sentir. Je pense même sincèrement que c’est un domaine de notre vie qui mérite toute notre conscience.

Otages de nos conditionnements

Pourtant, faire « avec son coeur », faire « comme on sent », cela semble être logique. C’est l’idée que la parentalité serait comme quelque chose de naturel, intuitif. Quelque chose qu’on n’apprend pas. Que l’on ne conscientise pas.

Avec la croyance que cette petite voix que l’on suit serait de l’ordre de l’instinct maternel / paternel. Donc forcément juste.  Problème: ce que l’on sent est fortement conditionné par notre éducation. Par celle donnée aux enfants de notre entourage.  Par certaines injonctions de la société. Avec les deux écueils classiques: être dans la reproduction aveugle de ce que l’on a connu. Ou être dans le rejet total, dans la réaction.

Mais même en tant que parent bienveillant, en conscience, nous pouvons encore être l’otage de nos conditionnements. Ca prend parfois une vie de se défaire de certains chemins de pensée ! J’estime avoir bien avancé en parentalité bienveillante et pourtant, je crie encore. J’ai parfois des gestes brusques. Et quand ça arrive, c’est mon mieux du moment. Est-ce suffisant? Non, dix fois non. Chacune de ces sorties de route est un accroc à la relation. Mes enfants valent mieux que ça.

Est-ce pour autant réaliste d’imaginer être toujours parfait? Bien sûr que non. Les sorties de route viendront toujours. Parce qu’on est humain, parfois fatigués. Mais aussi parce que parfois c’est notre enfant intérieur qui réagit. Être conscient de nos limites et de nos blocages, les accepter… et aussi tout faire pour en limiter l’impact, pour les dénouer. Un paradoxe et un sacerdoce !

Déconnectés de notre instinct

Peut-être me direz-vous: mais les Cro-Magnon, ils se posaient pas toutes ses questions. Être parent, ça devrait couler de source. Mais regardez: accoucher, n’est ce pas une chose très naturelle? Et pourtant combien d’entre nous succombe pour la péridurale? Allaiter, n’est ce pas la norme biologique? Et pourtant, combien d’allaitements foirés par manque d’informations?

Nous vivons dans un monde où les expertises sont externalisées. Le médecin est le spécialiste de notre santé. Le professeur est celui de l’éducation. Les nutritionnistes nous disent quoi manger. Nous ne sommes plus habitués à penser par nous-mêmes. A nous fier à nous mêmes. Et cela impacte aussi le domaine de la parentalité!

instinct parentalite docteur
Bon alors, je vous prescris un changement de couches 6 fois par jour. Et surtout pensez à le nourrir.

 

Alors, nous nous noyons dans les injonctions contradictoires, nous cherchons partout la réponse. Notre société est allée très loin dans la déconnexion d’avec notre nature humaine. Cela devient très compliqué de se fier à notre instinct. Nous avons intellectualisé l’éducation, comme tout le reste.

Alors que, oui, tout est en nous. Dans notre coeur.

Quel parent peut laisser son enfant pleurer sans ressentir de la tristesse ou de la detresse? Qui donne à son enfant une fessée de gaité de cœur? Peut-on vraiment vivre de l’harmonie et de la joie dans des relations basées sur un rapport de force? Non, tout ces choix ne peuvent décidément pas être liés à notre instinct.

Et pourtant aujourd’hui, on a besoin que les neurosciences nous redisent ce que nous savons depuis la nuit des temps ! Si nous étions vraiment connecté à notre instinct, nous saurions spontanément que nous ne devons pas laisser un bébé pleurer. Que nous devrions pratiquer le cododo, le portage, la DME… Nous ne serions pas sans cesse en recherche d’approbation de l’extérieur.

Être parent ça s’apprend.

Donc oui, faire comme on sent devrait être la norme. Mais pour beaucoup, nous avons oublié comment « sentir » ce qui est juste. Nous ne devons donc pas chercher aveuglément les réponses à l’extérieur.  Mais chercher à se reconnecter à notre petite voix, celle qui sait. C’est elle qui nous guidera vers les bons choix pour nos enfants. Oh, ça n’empêche pas de lire ou d’échanger. En tant que parent, on est toujours à la recherche de nouvelles clefs, de nouveaux éclairages. On peut chercher l’inspiration. Par contre, je crois qu’il ne faut pas chercher du côté des méthodes.

L’autre point à ne pas négliger, c’est que nous vivons dans une société où il y a très peu de transmissions générationnelles. Et en particulier sur les gestes de la parentalité. Ce qui rend forcément plus difficile l’accès à notre petite voix. Si nous vivions en tribu, nous serions en contact incessant avec des bébés. Ils ne nous paraitraient pas si impressionnants avec leur petit corps et leurs grands poumons. Les gestes de base comme donner le bain, donner le sein, porter correctement… seraient inscrits dans notre inconscient. Nous ne serions pas inquiets de leurs pleurs ou de leur moindre bruit bizarre. Nous saurions soigné leurs petits maux.

bébé transmission générationnelle
Ca a l’air mignon, ce truc. Regarde ça sourit. Tu sais ce que c’est toi?

Comme nous ne connaissons pas les bébés avant d’en avoir, tout devient compliqué. Ajouter à cela la grande responsabilité d’assurer la survie et le bonheur de ce nouveau petit être… de quoi en faire paniquer plus d’un. Dans ce cadre, un apprentissage des gestes de parents seraient sûrement d’une grande aide. Un apprentissage aussi sur le développement du bébé. Sur ces besoins impérieux. Et la necessité d’y répondre.

Oui, être parent était naturel… quand nous vivions dans une société naturelle ! Et je crois que dans notre société deconnectée, devenir parent doit passer par un apprentissage. Et que les cours d’accouchement devraient être doublés ou suivi de cours de parentalité.

 

Qu’en pensez-vous? Pour ou contre des cours de parentalité? 

 

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