parentalite authentique
Parentalité consciente

Pour une parentalité authentique

La parentalité bienveillante est une chance pour toutes les familles. Elle propose des relations de qualité, basée sur les découvertes récentes en neurosciences. Le revers de la médaille, quand on a connaissance de tout cela, c’est la culpabilité que l’on peut ressentir. Par exemple, lorsqu’on n’arrive pas à être en accord avec nos principes. La conscience des implications de nos actes sur nos enfants nous rend parfois très intransigeants avec nous-mêmes.

Pourtant, viser la perfection est un leurre. Personne ne sera jamais le parent bienveillant parfait. La bienveillance éducative passe aussi par la bienveillance envers nous même. Et la capacité à être authentique envers nous-même et nos enfants. Être qui nous sommes, ne pas chercher à incarner un rôle, accepter nos failles.

La bienveillance est une ligne de conduite, mais elle ne doit pas nous éloigner de nous même. L’authenticité est accessible maintenant. Elle nous libère des rôles que l’on se donne. Elle est respectueuse du parent et de l’enfant. Elle prend en compte notre qualité d’humain, avec ses forces et ses faiblesses. Elle considère l’enfant comme un être capable de résilience, capable de comprendre et de s’adapter.

Alors, quelles sont les caractéristiques d’un parent authentique?

Le parent authentique a conscience de ses besoins

La parentalité bienveillante, le maternage nous invitent à être au contact des besoins de nos tout-petits. Besoins intenses et impérieux. Mais parfois, cela peut devenir un fardeau. Principalement quand on en vient à oublier que nous avons aussi des besoins.

Comment espérer rester bienveillant si nos besoins personnels sont systématiquement niés devant ceux de nos enfants ? On ne peut pas donner ce qu’on ne possède pas, n’est-ce pas?
Un des premiers axes de la parentalité authentique serait donc d’accepter que… nous aussi avons des besoins ! Et que parfois, nos besoins passeront avant ceux de nos enfants

besoins parents
QUOI??? Moi aussi j’ai des besoins???

S’écouter, être au contact de nos besoins, c’est primordial pour la relation. Même si nous ne pouvons pas les combler la-maintenant-tout-de-suite… On peut leur dire ( à nos besoins, oui,oui) je te vois, je vais prendre soin de toi des que possible. Les besoins demandent avant tout à être vus et reconnus. Ils acceptent alors volontiers qu’on diffère leur accomplissement.

Le parent authentique prend la responsabilité de ses émotions

La Communication Non Violente fait le postulat que nos émotions sont le résultat de nos besoins. Quand nos besoins sont comblés, nous vivons des émotions agréables. Quand ils ne le sont pas… et bien, à nous colère, tristesse, frustration.

Si nous vivons par exemple de la colère face à une situation du quotidien avec nos enfants, il est donc important que de comprendre que cette colère nous parle de NOUS et non pas de nos enfants. Elle est un indicateur d’un besoin non comblé et non pas de la chiantitude de notre progéniture.

Après ca, je suis sure que je vais trouver mes enfant particulièrement agréables.

Cela parait peut-être difficile à croire (« non mais tu connais pas mes gosses, ils sont VRAIMENT relous! »). Mais regardez simplement comme parfois vous réagissez avec patience et douceur aux explorations de vos enfants et la fois d’après vous explosez en moins de deux. Simplement parce que, dans une situation vos besoins sont comblés (vous sortez d’une après-midi au spa) et pas dans l’autre (vous êtes debout depuis 5 heures et vous n’avez pas réussi à vous asseoir une seconde).

Reconnaitre aussi que nos émotions négatives ne sont pas liés à nos enfants mais à nos besoins non comblés, c’est un changement de paradigme !
Non, mon enfant n’est pas fatiguant, c’est moi qui suis fatiguée. Il n’est pas énervant , je suis énervée.

En parentalité authentique, chacun prend donc la responsabilité de ses besoins et de ses émotions. Les autres peuvent être des déclencheurs, mais ils ne sont pas la cause. Nous sommes les seuls responsables de l’accomplissement de nos besoins.

Le parent authentique accepte une certaine horizontalité dans la relation

Les besoins des parents ne sont pas supérieurs à ceux des enfants

La conscience que nos émotions sont le résultat de nos besoins satisfaits ou non a de nombreuses implications dans nos relations. A commencer par la compréhension que les difficultés que l’on vit avec nos enfants ne sont ni plus ni moins que l’expression de besoins a priori contradictoires. C’est aussi simple que cela !

Quand on a intégré cette notion, alors tout ce qui reste à faire, c’est de trouver la stratégie pour concilier nos besoins. Car, la bonne nouvelle, c’est qu’ils sont TOUJOURS conciliables ! C’est en tout cas un des autres postulats de la CNV. Cela demande parfois un peu de créativité et d’énergie, mais pourtant, vous verrez que ça se vérifie. Exemples

  • J’ai besoin de calme et que mes enfants ont besoin de se défouler et de crier: on va au parc.
  • Je suis pressée de partir et mon enfant a besoin de jouer (oui, c’est un besoin) : je lance une course contre la montre pour mettre les chaussures.
  • J’ai besoin de m’aérer et mon enfant a envie de cocooning: je le cale dans la carriole du vélo avec une couverture et un livre et je pédale.

Une implication de ce constat, c’est de réaliser que la bonne vieille relation verticale, basée sur l’autoritarisme, perd de son sens. Les besoins des adultes ne sont pas supérieurs à ceux des enfants. Et inversement. Sommes nous prêts à accepter une certaine horizontalité dans la relation à nos enfants? A accepter que nos besoins d’adultes, conditionnés en partie par nos contraintes, ne sont pas prioritaires devant les besoins de nos enfants – aussi futiles nous paraissent-ils?

Bad news : Mon besoin de propreté (et de ne pas passer ma vie à faire des lessives) n’est pas prioritaire devant son besoin de découverte

Les enfants n’ont pas besoin d’être préservés de nos émotions

Cette idée d’horizontalité repose aussi sur la confiance que l’enfant, dès son plus jeune âge peut comprendre bien plus que ce que l’on croit parfois. Les enfants ne sont pas fragiles. Ils sont à même d’entendre les émotions et les besoins exprimés sincèrement par leur parent. En tout cas, c’est le constat que je fais ici. Par exemple, je ne me prive pas pour exprimer ma colère , elle est la et a le droit de s’exprimer. J’essaye juste de le faire d’une manière qui n’accuse pas les enfants. J’exprime aussi parfois la tristesse, la frustration…. Et bien sur les émotions joyeuses. Les enfants n’ont pas besoin d’un parent-robot  heureux et égal en toute circonstance. Ils ont besoin d’un parent vrai

Je crois en effet que les enfants sont très sensibles à l’authenticité. Parce qu’ils ont une très grande conscience de la justice et de la justesse des situations. Prétendre que tout va bien, alors qu’on voit intérieurement, à quoi ca rime? Nos enfants ne sont pas dupes. Le décalage entre ce qu’ils sentent et ce qu’on montre, ça, c’est perturbant. Et surtout, ils ne seront pas cassés par nos émotions fortes. Au contraire, je crois que c’est un cadeau à leur faire de leur montrer que l’on peut vivre nous aussi de vives émotions, et que finalement elles nous traversent et que tout va bien. 

S’exprimer auprès d’eux sans mensonges, sans détours, sans peurs de leur prétendue fragilité… cela active leur empathie naturelle et leur permet de la développer. En tout cas, c’est ce que je crois profondément. 

 

Le parent authentique s’autorise à être lui-même

Il ne s’impose pas de rôle à tenir

Le parent authentique à le droit d’être lui même. Avec son caractère propre, ses humeurs, ses états d’âme. Pas besoin, sous prétexte de bienveillance, de se mettre dans un rôle de maitre yoga zen. La bienveillance, ce n’est pas mentir sur qui nous sommes et comment nous nous sentons. Toutes les émotions ont le droit d’exister et d’être exprimées.

Pas besoin, à l’inverse, de jouer le rôle du méchant, de se forcer à être autoritaire. Cela parait évident , dès lors que l’on reconnait que ce sont nos besoins qu’on exprime et non pas des vérités absolues .
Exemple: « j’ai besoin d’ordre », c’est très différent de « mais tu es vraiment bordélique, maintenant, tu ranges tes jouets ! ».

Bon allez ce soir tu fais le bad cop et moi le good cop avec les enfants. Ah ben non, on n’a plus besoin de jouer des rôles !

Pas besoin de jouer à être le copain de ses enfants. Il n’y a pas à chercher à gagner l’amour de ses enfants. Ni à avoir peur de leurs émotions fortes ou des notres. Le parent a confiance dans la relation, parce qu’il sait que les émotions négatives sont juste l’expression d’un besoin inassouvi. Il n’y a plus qu’à mener l’enquête pour l’identifier!

Il ne se force pas

Pas besoin de se forcer non plus, à jouer par exemple. Le parent authentique à le droit d’exprimer qui il est. En confiance que cela est parfait et suffisant pour son enfant. Se forcer à jouer une heure à la dînette alors qu’on déteste ça quel sens ça a? Pour ma part, je crois que l’important c’est d’accorder des moments de qualité à ses enfants. Et c’est plus difficile de le faire si on se force. Les enfants peuvent très bien être heureux avec un parent qui ne joue pas . Si ce parent partage, par ailleurs, d’autres activités avec lui (sport, art, jardinage…).

La tendance actuelle, alimentée par la parentalité bienveillante nous invite souvent à penser que nous devons faire tourner notre monde autour de nos enfants. Au détriment parfois de nos propres centres d’intérêt, de notre propre être. Plus je réfléchis à la question et plus je crois qu’il n’y a pas « le monde des enfants » et « le monde des adultes ». Plutôt que de vivre sur la planète bébé en permanence, je pense qu’il y a un équilibre à trouver entre: se mettre dans son monde et l’accompagner dans le notre. En lui mettant le monde à sa portée: par nos bras qui le portent, par nos explications qui le rassurent et l’éclairent, par le partage de ce qui nous anime.

En bref, le parent authentique s’accepte comme il est. Il ne se force pas, il ne joue pas un rôle. Il exprime ses émotions et ses besoins à son enfant. Car ceux-ci ont de la valeur et de l’importance. Oh bien sûr, souvent il fait passer les besoins de ses enfants avant les siens. Parce qu’il a acquis la capacité à différer, qu’il a conscience de l’immaturité de sa progéniture face à la frustration. Pour autant, il vit sans culpabilité (enfin, il essaye), car il a confiance dans la capacité des enfants à surmonter les moments plus difficiles. Il a confiance en leurs capacités d’adaptation, en leur intelligence du coeur, en leur résilience.

Qu’en pensez-vous? Mettez vous aussi l’authenticité au coeur de vos relations?

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