sage docile obéissant
Parentalité consciente

Veut-on vraiment que nos enfants soient sages?

Pour beaucoup de parents, avoir des enfants « sages » semble être le but ultime de leur éducation.

Dans l’imaginaire collectif, cet enfant serait poli, coopèrerait en toute situation et exprimerait ses émotions de manière mesurée et tout à fait civilisée.

Mais est-ce vraiment realiste d’ avoir un enfant « sage » ? Et plus, est ce seulement souhaitable?

L’enfant est mouvement

Un enfant sage serait tout d’abord un enfant calme. Il resterait tranquillement assis sur son siège dans le train. Et ferait la queue au supermarché en vous tenant la main. Il jouerait tranquillement sans en mettre partout. Et il rangerait après.

Alors oui, bien sur, ces miracles peuvent se produire occasionnellement. Mais attendre qu’ils soient la norme semble irréaliste. L’agitation est vue par les adultes comme l’opposé de la concentration, l’opposé de la sagesse. Or les enfants sont des êtres de mouvement. Ils vivent en mouvement, ils apprennent à travers le mouvement et découvrent par le mouvement.

S’énerver quand nos enfants ne tiennent pas en place ou jettent des choses dans tous les sens, c’est aller à l’encontre de leur nature d’explorateur. C’est donc illusoire et même non souhaitable. Cela ne signifie pas de tout accepter dans toutes les situations. Mais comprendre, anticiper, accompagner… sont trois clefs qui nous permettent d’accepter l’agitation de nos enfants !

Parfois, le mouvement est aussi leur moyen d’exprimer un trop-plein d’émotions ou de stimulations. A la maison, ils se mettent à tout jeter, signe qu’ils ont besoin d’attention ou d’aller courir dehors. Au supermarché, la multitudes des stimulations fait bugger leurs cerveaux immatures. Dans une situation nouvelle, ils s’agitent et courent en tous sens, quand vous auriez besoin de leur immobilité.

Bref, leurs comportements agités peuvent aussi être des messages qu’ ils nous envoient. Plutôt que de vouloir les faire cesser, essayons plutôt d’entendre ce qu’il y a derrière.

L’enfant est un être pensant

Autre attente sous-entendue derrière ce qualificatif: un enfant docile, obéissant… Qui ferait tout ce qu’on lui demande. Qui coopèrerait en toute circonstance et serait d’accord systématiquement avec nos décisions. Ou au moins n’essaierait pas de les contester.

Bien sur, je trouverais ça super reposant que mes enfants fassent tout ce que je leur demande. Oui, j’aimerais qu’ils ne soulignent pas mes contradictions (« maman, là tu fais du chantage »), qu’ils mangent leurs légumes quand je leur dis de le faire, qu’ils arrêtent tout de suite de jouer quand j’ai besoin qu’on parte…

Mais posons nous un instant. Nos enfants sont les adultes de demain. Est ce des qualités souhaitables en tant qu’adulte d’être docile et obéissant?

Personnellement, ce que je veux encore plus, c’est qu’ils deviennent des adultes libres, libres de leurs pensées, capables de réflechir par eux-mêmes. Je souhaite qu’ils développent leurs capacités d’analyse et leur esprit critique. Et cela ne passe malheureusement pas par être toujours d’accord avec papa et maman !

L’enfant n’est pas maître de ses émotions

Dans nos cultures aseptisées, la bienséance veut que nous exprimions nos émotions d’une manière diluée. Ne pas rire trop fort, ne pas crier de colère, pleurer quand on est seul… Exprimer ses émotions de manière trop voyante est mal vu, c’est impudique, ça fait désordre…

Alors, venant de nos enfants, on attend la même chose. Mais quel est ce petit capricieux qui se roule par terre pour un gateau? Et celui là qui pleure parce qu’il voulait encore faire du tobbogan…oh allez c’est pas si grave, arrête ton char. En voilà un qui court partout d’excitation, on va à la fête foraine aujourd’hui. Tiens toi correctement, sinon tu ne feras pas de manège.

Outre le fait que toutes les émotions devraient pouvoir être accueillies, gardons en tête que l’enfant n’a de toute manière pas la capacité de les réguler. Il les exprime comme il les ressent: sans filtre.

N’attendons pas de nos enfants l’impossible. Nos enfants ne sont pas des adultes. Acceptons leur part de spontanéité, parce que de toute manière… elle fait partie de leur nature !

Pour finir

A la lumière de ces quelques explications, avoir des enfants sages, dans le sens commun du terme… c’est juste impossible. Passer notre temps à vouloir les rendre dociles, calmes, raisonnés…cela n’a pas de sens. On y passerait toute notre énergie pour un résultat quasi-nul. Au risque en plus d’éteindre l’étincelle qui fait leur nature.

Enfin, souvenons-nous qu’ étymologiquement, le mot « sage » renvoie à l’idée d’une personne instruite, savante. Et dans ce cas là, nos enfants ne sont-ils pas déjà de grands sages?  Dans leur naïveté, leur candeur, leur innocence n’ont-ils pas déjà la capacité à poser les vraies questions, à soulever les vrais enjeux? Dans leur façon d’explorer le monde, à la manière des scientifiques, ne sont-ils pas naturellement à la conquête du savoir et de la connaissance?

Alors, haut les cœurs, vos enfants sont DEJA sages !

 

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